La photo émouvante de l’ours polaire bercé par un iceberg est le symbole de la domination humaine sur la planète

La commovente foto dell’orso polare cullato da un iceberg è il simbolo del dominio umano sul pianeta

La magnifique photo « Ice Bed » du photographe naturaliste Nima Sarikhani montre avec douceur et une force puissante la vie précaire des ours polaires, condamnés à des souffrances indicibles en raison du réchauffement climatique causé par l’homme. Le jeune spécimen repose sur un iceberg à la dérive, un rempart d’un monde que nous sommes littéralement en train de faire fondre.

Crédit : Nima Sarikhani / People's Choice Award di Wildlife Photographer of the Year

Crédit : Nima Sarikhani / People’s Choice Award di Wildlife Photographer of the Year

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Il y a des photos qui marquent et qui font parfois l’histoire. La photo surnommée « Ice Bed » du photographe naturaliste Nima Sarikhani, lauréat du prestigieux prix People’s Choice Award di Wildlife Photographer of the Year, deviendra très probablement un symbole de notre époque. Dans cette merveilleuse image capturée aux îles Svalbard, on observe un jeune ours polaire (Ursus maritimus) se reposer doucement au sommet d’un petit iceberg. La position suscite une infinie tendresse, mais en même temps, elle provoque un profond sentiment d’angoisse et de tristesse. C’est épouvantable. L’animal semble se sentir en sécurité, bercé par son petit îlot de glace flottant à la dérive dans le froid océan Arctique. Mais c’est précisément un rempart, une frêle embarcation de sauvetage à laquelle il s’accroche dans un grand bleu qui s’étend presque à l’infini autour du bloc de glace. En substance, la photographie capture de manière sublime l’essence même de la vie des ours polaires, souverains incontestés d’un monde de glace qui est littéralement en train de fondre sous leurs pattes en raison de la crise climatique en cours.

Crédit : Nima Sarikhani / People's Choice Award di Wildlife Photographer of the Year

Crédit : Nima Sarikhani / People’s Choice Award di Wildlife Photographer of the Year

« L’image à couper le souffle et émouvante de Nima nous permet de voir la beauté et la fragilité de notre planète. Son image suggestive est un rappel puissant du lien profond entre un animal et son habitat, et elle sert de représentation visuelle des impacts néfastes du réchauffement climatique et de la perte d’habitat », a déclaré le Dr Douglas Gurr, directeur du Musée d’histoire naturelle de Londres, qui organise le prestigieux concours photo, dans un communiqué de presse. Cette photo a une force tellement puissante qu’elle a touché le cœur de dizaines de milliers de personnes, qui ont massivement voté pour elle, la faisant triompher de la concurrence. « Ice Bed » a surpassé les 50 000 photos candidates (et les 24 autres finalistes) avec 75 000 votes, un record absolu, comme l’indique le musée londonien. Après tout, il y a très peu d’images (réelles) qui parviennent à montrer avec une telle grâce l’impact catastrophique de l’être humain sur la planète, incitant inévitablement à la réflexion même ceux qui refusent de croire au changement climatique. C’est pourquoi la photo de Nima a tout ce qu’il faut pour devenir un symbole de l’Anthropocène.

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Crédit : Nima Sarikhani / People’s Choice Award di Wildlife Photographer of the Year

Il y a des photos qui marquent et qui font parfois l’histoire. La photo surnommée « Ice Bed » du photographe naturaliste Nima Sarikhani, lauréat du prestigieux prix People’s Choice Award di Wildlife Photographer of the Year, deviendra très probablement un symbole de notre époque. Dans cette merveilleuse image capturée aux îles Svalbard, on observe un jeune ours polaire (Ursus maritimus) se reposer doucement au sommet d’un petit iceberg. Sa position suscite une infinie tendresse mais également un profond sentiment d’angoisse et de tristesse. Cette photo est émouvante. En effet, l’animal semble se sentir en sécurité, bercé par son petit îlot de glace flottant à la dérive dans le froid océan Arctique. Cependant, cet iceberg est un rempart fragile, une bouée de sauvetage précaire à laquelle il se raccroche dans l’immensité bleue qui l’entoure et qui fond de manière quasi infinie sous ses pattes à cause de la crise climatique actuelle.

« L’image étonnante et touchante de Nima nous permet de voir la beauté et la fragilité de notre planète. Son image suggestive est un rappel puissant du lien profond qui unit un animal à son habitat et elle témoigne des impacts nuisibles du réchauffement climatique et de la perte d’habitat », a déclaré le Dr Douglas Gurr, directeur du Musée d’histoire naturelle de Londres, qui gère ce prestigieux concours photo. Cette photo a une telle force qu’elle a touché le cœur de dizaines de milliers de personnes qui ont massivement voté pour elle, la propulsant ainsi en tête du classement. « Ice Bed » a surpassé les 50 000 photos candidates (et les 24 autres finalistes) avec un record de 75 000 votes, comme l’indique le musée londonien. En effet, il est très rare de trouver des images (réelles) qui montrent avec une telle grâce l’impact catastrophique des activités humaines sur la planète, incitant ainsi à la réflexion même ceux qui refusent de croire au changement climatique. C’est pourquoi la photo de Nima a toutes les cartes en main pour devenir un symbole de l’Anthropocène.

Les ours polaires sont classés comme vulnérables (code Vu) sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’organisme mondial principal chargé de la protection de la biodiversité. Ce sont l’une des espèces les plus menacées par le réchauffement climatique, qui détruit littéralement leur habitat naturel. De nombreuses recherches et études démontrent à quel point la survie de ces majestueux ursidés est devenue difficile.

Une récente étude menée par des scientifiques canadiens de l’Université de Toronto-Scarborough, par exemple, a montré que les femelles ont de plus en plus de mal à nourrir leurs petits, car elles sont obligées de jeûner de plus en plus longtemps et ne parviennent plus à produire du lait de qualité (riche en graisses) ou en quantité suffisante pour alimenter leurs petits. La réduction de la banquise dans l’Arctique, qui se réchauffe à une vitesse deux fois supérieure ou même quadruple à celle du reste de la planète, oblige les ours polaires à parcourir de longues distances épuisantes à la recherche de leur proie préférée, les phoques. Ils doivent souvent effectuer des nages mortelles pour se déplacer d’une zone à l’autre. Les images d’ours polaires errant comme des spectres dans les zones habitées à la recherche de déchets, comme cela s’est produit en 2019 dans le village russe de Ryrkaypiy (région de Tchoukotka), avec des dizaines d’individus s’approchant des habitations en raison du manque de nourriture, sont symboliques.

Le manque de glace réduit également la possibilité de trouver des tanières appropriées pour donner naissance et élever les petits. La concurrence pour les ressources est extrême et l’effort énergétique pour s’en procurer met les femelles devant un choix atroce : préserver leur propre vie ou sauver celle de leurs oursons. Il n’est donc pas surprenant, selon les auteurs de l’étude, que les difficultés d’allaitement aient entraîné l’effondrement de 50% de la population d’ours polaires dans la baie d’Hudson en quelques décennies seulement. La survie de l’espèce est également menacée par l’agressivité accrue des gros mâles affamés, qui ont commencé à attaquer les femelles et leurs petits pour se nourrir. L’arrivée simultanée de la grippe aviaire rend le tableau encore plus angoissant.

Il reste moins de 20 000 individus d’ours polaires dans la nature, selon les estimations du WWF. Ils ne sont donc pas en danger immédiat d’extinction, mais différentes recherches suggèrent que des populations entières pourraient s’éteindre d’ici 2100. La population totale pourrait déjà chuter de 30% d’ici 2060. La magnifique photo de Nima Sarikhani nous rappelle que nous sommes les responsables de cet effondrement écologique, mais le petit iceberg sur lequel repose le jeune ours est également un symbole d’espoir. Nous avons encore le temps de sauver ces merveilleuses créatures (et nous-mêmes) de l’apocalypse climatique, mais nous devons agir immédiatement contre les émissions de gaz à effet de serre, moteur de la crise climatique actuelle et principal responsable de la fonte des glaces.