Retour de l’homme sur la lune, car deux mannequins féminins « fantômes » vont voyager sur Artemis 1

Retour De L'homme Sur La Lune, Car Deux Mannequins Féminins

A bord du vaisseau spatial Orion placé au sommet de la fusée SLS de la mission Artemis 1 se trouveront deux mannequins féminins. Voici leur précieux rôle.

Crédit : NASA

Crédit : NASA

Le lundi 29 août 2022, une étape importante du programme Artemis de la NASA sera posée, qui a pour principal objectif le retour de l’homme sur la Lune après les missions Apollo, qui se sont terminées il y a un demi-siècle. En fait, à partir de 14h33, heure italienne, une fenêtre de 2 heures sera ouverte au cours de laquelle la colossale fusée Space Launch System (SLS) et le vaisseau spatial Orion seront lancés vers l’orbite lunaire, à une distance supérieure à celle atteinte. des véhicules Apollo (à plus de 64 000 kilomètres du satellite terrestre). La mission d’essai, ainsi que le vol inaugural, dureront environ 40 jours, avec l’atterrissage de la capsule de rentrée prévu le 10 octobre, à condition que la fusée SLS effectue le décollage depuis le Launch Complex 39 B de Kennedy Space. Center (Floride) le 29 août, comme prévu actuellement. Artemis 1 sera une mission sans pilote, cependant le vaisseau spatial Orion ne sera pas « inhabité » : les scientifiques de la NASA ont en effet installé à bord de la capsule deux mannequins appelés fantômes, qui joueront un rôle fondamental dans la compréhension de la sécurité des missions Artemis. pour les astronautes.

Crédit : DLR

Crédit : DLR

Les deux passagers principaux d’Artemis 1 s’appellent Helga et Zohar et sont deux mannequins féminins, ou plutôt deux torses mannequins semblables à ceux utilisés en milieu hospitalo-universitaire pour former de jeunes médecins. Ils sont composés de matériaux qui simulent de manière réaliste la densité des tissus (comme les os) et des organes présents dans le corps humain. Les deux « astronautes » ont été conçus par une équipe de recherche internationale composée de scientifiques de l’Agence spatiale israélienne (ISA) et du Centre aérospatial allemand (DLR) ; ils sont recouverts de capteurs spéciaux qui ont pour but de cartographier les niveaux d’exposition aux rayonnements dans tout le corps. Comme l’explique la page scientifique « Qui a peur du noir ? », les deux mannequins représentent des femmes puisque le sexe féminin est plus exposé au risque de cancer suite à une exposition aux radiations. Le DLR souligne également qu’il s’agit d’un choix lié au nombre croissant d’astronautes. Les voyages dans l’espace sont considérés comme particulièrement dangereux en raison du bombardement constant par les rayonnements cosmiques et solaires capables de déclencher des mutations de l’ADN et donc de provoquer des cancers. Des études récentes ont montré que les vols vers Mars seraient même mortels à cause des radiations.

1661181309 424 Retour de lhomme sur la lune car deux mannequins feminins

Pour cette raison, Helga et Zohar ont été équipés de plus de 5600 dosimètres passifs et de 16 détecteurs actifs, qui détecteront et mesureront les niveaux de rayonnement pendant la durée d’Artemis 1. Bien que les mannequins soient jumeaux à tous égards, il y aura une différence substantielle entre les deux; Zohar, en effet, portera un gilet de radioprotection spécial appelé AstroRad, tandis que Helga ne l’aura pas. De cette façon, les scientifiques pourront déterminer l’efficacité protectrice de la combinaison et la quantité de rayonnement à laquelle elle sera réellement exposée. L’expérience, appelée Matroshka AstroRad Radiation Experiment (MARE), verra également l’implication d’un troisième mannequin, le « commandant » de la mission Moonikin Campos, qui portera la combinaison officielle Orion Crew Survival System de première génération, celle que les vrais astronautes utiliseront lors de leur départ avec Artemis 2. Campos, en plus d’un détecteur de rayonnement qui vérifiera l’accumulation pendant les 40 jours de voyage, sera équipé d’autres capteurs capables de collecter divers paramètres liés à l’environnement de l’orbite lunaire. Rappelons que la mission qui part le 29 août ne prévoit pas d’alunissage, mais seulement une orbite autour du satellite terrestre. Avec Artemis 3, attendu dans les prochaines années, on s’attend à ce que la première femme et la première personne noire posent les pieds sur le régolithe lunaire.