Le James Webb peut détecter des signes de vie sur des planètes extraterrestres : il ciblera bientôt le système trappiste

Le James Webb Peut Détecter Des Signes De Vie Sur

Deux scientifiques expliquent comment le télescope spatial James Webb est capable de détecter les « signatures » de la vie dans les atmosphères des exoplanètes.

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Ces derniers jours, la NASA a publié les premières images merveilleuses capturées par le télescope spatial James Webb, mais parmi elles, il y en avait une assez différente des autres. En fait, il a montré l’incroyable spectre atmosphérique de l’exoplanète Wasp-96b, à 1 120 années-lumière de la Terre. En fait, le nouvel instrument a la puissance nécessaire pour détecter la « signature » des composés moléculaires présents dans les atmosphères des exoplanètes, en utilisant l’analyse spectroscopique. En termes simples, les composés sont révélés en étudiant la lumière réfléchie par le corps céleste. Grâce à cette technique sur Wasp-96b, non seulement l’eau (sous forme de vapeur) a été identifiée, mais le spectre avait également un « détail époustouflant », comme l’a expliqué à Netcost-security.fr l’astrophysicien Gianluca Masi. Étant donné que certaines de ces signatures sont d’origine biologique, le James Webb a le potentiel de découvrir des planètes sur lesquelles il y a de la vie. Ce n’est pas un hasard si, dans les mois à venir, il visera précisément les planètes rocheuses qui orbitent autour de la ceinture habitable des étoiles.

Le spectre de la planète Crédit : NASA

Le spectre de la planète Crédit : NASA

Les deux scientifiques Chris Impey et Daniel Apai, professeurs d’astronomie et de sciences planétaires à l’Université de l’Arizona, décrivent cette capacité potentielle du super télescope de la NASA. Dans un article publié dans The Conversation, ils ont expliqué que, selon des calculs théoriques, il y aurait jusqu’à 300 millions de planètes potentiellement habitables dans notre galaxie, la Voie lactée. Potentiellement habitable est une planète ni trop éloignée ni trop proche de son étoile de référence, à une distance telle que les températures autorisent la présence potentielle d’eau liquide en surface. À ce jour, grâce à divers « chasseurs de planètes », comme le regretté télescope spatial Kepler et le plus récent TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite), environ 5 000 exoplanètes ont été identifiées, dont plusieurs centaines sont potentiellement habitables à moins de 40 années-lumière de Terre. Parmi eux figurent également ceux du Trappist System, présentés lors d’une conférence de presse de la NASA il y a quelques années et parmi les principaux objectifs du James Webb.

Mais comment un télescope peut-il détecter les signatures de la vie grâce à la lumière ? Les deux scientifiques expliquent que pour détecter la vie sur une planète lointaine, « les astrobiologistes vont étudier la lumière des étoiles qui a interagi avec la surface ou l’atmosphère d’une planète. Si l’atmosphère ou la surface a été transformée par la vie, la lumière peut apporter un indice, appelé biofirma ». Sur Terre, la bio-signature de la vie – comme la présence d’oxygène – est devenue évidente il y a 2,4 milliards d’années avec l’explosion d’algues dans les océans. L’oxygène libre produit par la photosynthèse peut être détecté dans le spectre de la lumière solaire réfléchie par notre planète. « Lorsque la lumière rebondit sur la surface d’un matériau ou traverse un gaz, certaines longueurs d’onde de lumière sont plus susceptibles d’être piégées dans le gaz ou la surface du matériau que d’autres. Cette capture sélective des longueurs d’onde de la lumière explique pourquoi les objets ont des couleurs différentes. Les feuilles sont vertes car la chlorophylle est particulièrement efficace pour absorber la lumière dans les longueurs d’onde rouges et bleues. Lorsque la lumière frappe une feuille, les longueurs d’onde rouge et bleue sont absorbées, laissant la majeure partie de la lumière verte rebondir dans l’œil », expliquent les deux chercheurs.

Grâce à ce principe, nous pouvons détecter des gaz atmosphériques associés à la vie, tels que l’oxygène ou le méthane issu de la digestion des animaux. Souvent, cependant, ces composés d’origine organique peuvent également avoir des sources inorganiques (comme une éruption volcanique), il n’est donc pas facile pour les scientifiques de déterminer si un spectre est vraiment dû à des formes de vie. De plus, le James Webb, malgré sa puissance, n’est pas capable de détecter l’oxygène libre, qui est la bio-signature la plus importante de la vie sur Terre. Malgré cette limitation, elle aidera dans les prochaines années les chercheurs à identifier les planètes sans doute les plus intéressantes de ce point de vue. Les futurs appareils pourraient être explicitement conçus pour « chasser les extraterrestres ».