La chaleur extrême augmente le risque d’infertilité chez les hommes

La Chaleur Extrême Augmente Le Risque D'infertilité Chez Les Hommes

Une équipe de recherche de l’Université de Padoue a montré que des températures élevées altèrent l’expression d’un gène, favorisant le risque d’infertilité.

La chaleur extreme augmente le risque dinfertilite chez les hommes

Une recherche italienne a montré que des températures élevées augmentent le risque d’infertilité chez les hommes. La raison réside dans l’activation altérée d’un gène spécifique associé à la spermatogenèse, c’est-à-dire la production de spermatozoïdes. Dans un moment de chaleur particulièrement intense comme l’actuel et surtout dans un contexte de réchauffement climatique croissant, qui conduira à des températures toujours plus élevées en raison des émissions de gaz à effet de serre, il s’agit d’une découverte significative qui souligne – pour la énième fois – la gravité et transversale que peut être l’impact du changement climatique. D’autant plus si l’on tient compte du fait que la fertilité masculine a subi un véritable effondrement ces dernières décennies et qu’il existe même à l’avenir un risque d’épidémie d’infertilité, selon certaines études.

Pour déterminer que les vagues de chaleur peuvent favoriser l’infertilité chez les hommes – et aussi catalyser le risque de cancer des testicules -, une équipe de recherche de l’Université de Padoue dirigée par le professeur Carlo Foresta, en étroite collaboration avec le professeur Alberto Ferlin, qui dirige l’unité opérationnelle complexe de Andrologie et médecine de la reproduction de l’université vénitienne. Les chercheurs, qui présenteront les résultats de l’étude lors d’une conférence qui se tiendra à l’automne à Abano, sont parvenus à leurs conclusions après avoir noté que chez les patients présentant une température testiculaire supérieure à la normale en raison de divers facteurs – de l’obésité à la varicocèle, en via des travaux qui exposent à des sources de chaleur élevées – l’activité du gène susmentionné est nettement plus élevée. Le gène, appelé E2F1, fait partie des facteurs de transcription et est étroitement impliqué dans la division cellulaire et donc dans la production des spermatozoïdes. L’infertilité survient souvent chez les personnes atteintes de maladies génétiques qui altèrent l’expression des gènes, comme en témoigne l’enquête portant sur plus de 170 hommes infertiles. Les chercheurs ont déterminé que l’expression altérée du gène est également évidente chez les jeunes atteints d’un cancer des testicules.

Normalement, les testicules ont une température inférieure de quelques degrés par rapport au reste de l’organisme, étant à « l’extérieur »: grâce à cette différence, ils remplissent régulièrement leur fonction biologique. Mais une augmentation importante de la température moyenne – comme celle induite par les vagues de chaleur – peut avoir des effets négatifs sur la spermatogenèse et donc sur la fertilité. En 2015, aux États-Unis, en raison d’une vague de chaleur importante, il y a eu une baisse des naissances de 2,6 %, soit plus de 100 000 enfants nés en moins. « En période de grande chaleur comme celles que nous vivons ces jours-ci, le sujet revient donc sur le devant de la scène et pour cette raison nous aimerions lancer un manuel ou des suggestions aux hommes qui essaient d’avoir des enfants en cette période », a-t-il expliqué. au professeur ANSA Foresta. « Les conseils peuvent également intéresser ceux qui travaillent près du feu, comme les cuisiniers ou ceux qui travaillent dans des usines à proximité de sources de chaleur. La première consiste à laver les gonades à l’eau douce, mais aussi à réduire la température corporelle en s’arrêtant dans des endroits frais ou par des douches froides dans la journée. Il est également recommandé d’utiliser des sous-vêtements en fibres naturelles qui laissent transpirer la chaleur. L’autre arme de prévention est la réduction, voire l’élimination, de l’alcool et du tabac qui modifient la température corporelle. Enfin, hydratez-vous constamment », a commenté l’expert. Les détails de la nouvelle recherche sur le gène E2F1 seront présentés en octobre lors de la conférence médicale à Abano.