Pourquoi Google persiste avec son processeur Tensor moins performant que ceux de Qualcomm ou MediaTek

Les principaux avantages et inconvénients du Pixel 11 seront dans son processeur

Une observation s’impose si l’on compare les performances brutes des smartphones Android lors des tests de mesure de puissance, dont les marques se vantent souvent. Les processeurs Tensor de Google obtiennent des résultats inférieurs aux derniers composants de Qualcomm ou de MediaTek.

Ce n’est pas un secret que Google cherche à dissimuler. L’entreprise admet que la puissance brute n’est pas le seul critère. C’est pourquoi elle continue de développer sa propre puce, qui en est déjà à sa cinquième génération.

L’intelligence prime sur la puissance brute

Si un Snapdragon haut de gamme surclasse la puce de Google pour exécuter les graphismes les plus lourds sans effort, Google maintient son pari sur un processeur qui, sur le papier, accuse un retard de deux générations en matière de puissance pure.

Gemini sur le Samsung Galaxy S25
Gemini sur le Samsung Galaxy S25 / Photo : Groupe NET.

Quelle est la raison ? La réponse n’est pas la vitesse des cœurs du processeur. Elle se trouve dans une stratégie à long terme qui s’appuie sur le principal atout de la marque pour 2026 : l’intelligence artificielle.

Google ne cherche pas à fabriquer le téléphone le plus puissant, mais le plus intelligent. Cela explique l’importance extrême que la marque accorde, non seulement à l’IA intégrée, mais aussi au traitement photographique instantané. En concevant le Tensor, Google intègre sa propre unité de traitement tensoriel. Ce composant est spécialement optimisé pour exécuter localement et efficacement des modèles de langage comme Gemini Nano.

Comme Google maîtrise la conception de la puce, ses ingénieurs logiciels peuvent demander aux ingénieurs matériels les circuits précis dont ils ont besoin. Cela permet à des fonctions comme la traduction en temps réel, l’outil de suppression magique ou le traitement vidéo nocturne de fonctionner parfaitement, sans consommer trop d’énergie.

L’indépendance pour publier ses propres mises à jour

Dépendre d’un tiers pour le composant le plus important de son produit est un risque commercial. Si Google n’utilisait que des Snapdragon, l’entreprise serait soumise aux prix imposés par Qualcomm, à ses calendriers de sortie et, surtout, à ses cycles de support technique.

Téléphone avec Android 17.
Téléphone avec Android 17. / Photo : NET.es – Générée par IA.

Concevoir la famille Tensor donne à Google la clé pour proposer jusqu’à 7 ans de mises à jour complètes d’Android sur ses appareils. Obtenir ce niveau de support à long terme avec un processeur que l’on n’a pas fabriqué soi-même est un casse-tête que Google refuse d’assumer, étant le propriétaire du système d’exploitation.

Ainsi, le contrôle total permet à Google de gérer le cycle de vie du Pixel exactement comme Apple le fait avec l’iPhone.

Une optimisation à 100 %

L’industrie du mobile (et quelques campagnes marketing remarquables) nous a appris que la puissance sans contrôle ne sert à rien. Cette affirmation est assez juste, car pour la majorité des utilisateurs, la vitesse d’ouverture des réseaux sociaux, la fluidité du système ou la gestion de la batterie en veille sont beaucoup plus perceptibles que quelques points supplémentaires dans un test de performance en ligne.

Téléphone Google Pixel 10 Pro XL dans une main
Téléphone Google Pixel 10 Pro XL dans une main. / Image du Groupe NET

En abandonnant la course aux gigahertz, Google économise sur les coûts de développement liés au refroidissement extrême. L’entreprise peut donc concentrer ses ressources sur l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Ceci confirme que le plan de Google avec Tensor n’est pas temporaire ou une simple décision marketing. Il s’agit d’un investissement de plusieurs milliards pour protéger sa propre plateforme et parvenir à une synergie parfaite entre son matériel et son logiciel.