Une nouvelle crise de l’approvisionnement en RAM menace de modifier le paysage des smartphones en 2026. Les fabricants pourraient réduire la mémoire des nouveaux modèles ou augmenter leurs prix, transformant ainsi l’expérience utilisateur. Une dynamique influencée par la demande croissante des géants de l’IA, engendrant de profondes répercussions pour le marché.
L’industrie avertit que la pénurie mondiale de puces mémoire, causée par l’engouement pour l’IA, poussera les fabricants à réduire la RAM des nouveaux smartphones ou à augmenter leurs prix.

Si vous envisagez d’acheter un smartphone l’année prochaine, envisagez soit de garder votre appareil actuel jusqu’en 2027, soit de vous faire plaisir pour Noël. La crise d’approvisionnement en puces RAM, qui s’intensifie, menace de renverser une décennie de progrès en matière de spécifications techniques de nos appareils. Les prévisions indiquent des lancements plus chers que leurs prédécesseurs, mais avec moins de mémoire.
La tempête parfaite
La situation est si grave que des marques comme Samsung prennent des mesures, illustre : la marque a décidé d’augmenter les prix de sa gamme moyenne dans des marchés sensibles aux coûts, comme l’Inde.
Scoop : Dès lundi, Samsung India augmentera les prix de sa série Galaxy A de ₹1 000, tandis que le Samsung Galaxy A56 connaîtra une hausse plus importante de ₹2 000.
— Abhishek Yadav (@yabhishekhd) 13 décembre 2025
Un rapport du célèbre leaker Lanzuk sur la plateforme Naver indique que le nombre de modèles avec 12 Go de RAM pourrait diminuer d’environ 40%, remplacés par des versions avec 6, 8 ou même 4 Go. Pire encore, la disponibilité de téléphones avec 8 Go de RAM, qui était devenue la norme pour la gamme moyenne, pourrait également chuter, avec une baisse estimée de 50%.
Pour clarifier, cela signifie qu’un consommateur ayant acheté un smartphone de milieu de gamme avec 12 Go de RAM en 2025 pourrait se retrouver en 2026 avec un appareil d’un prix similaire, voire supérieur, mais avec seulement 8 Go de mémoire. Cette situation est encore plus préoccupante pour le segment économique, où un retour de dispositifs à seulement 4 Go de mémoire devient plausible, une capacité jugée insuffisante pour les systèmes d’exploitation modernes.
La véritable source de ce problème ne réside pas dans les bureaux des fabricants de téléphones, mais provient plutôt d’entreprises telles qu’OpenAI, Google, Meta, Microsoft et Nvidia, qui sont engagées dans une compétition intense pour construire des infrastructures capables de former et d’exécuter des modèles d’IA de plus en plus grands et complexes.
Quel lien avec la RAM de mon mobile ?
Pour expliquer, les centres de données de ces entreprises nécessitent de grandes quantités d’un type spécifique de mémoire : la mémoire à haut débit (HBM). Ces modules, bien plus coûteux et complexes à produire que la RAM des smartphones, sont cruciaux pour le fonctionnement des GPU qui alimentent l’IA.
Par conséquence, des fabricants majeurs comme Samsung, SK Hynix et Micron ont redirigé une partie significative de leur capacité de production pour répondre à cette demande lucrative, offrant des marges de profit bien supérieures à celles du marché des consommateurs. Micron a même annoncé son retrait du marché de la mémoire grand public, citant le « boom lié à l’IA » dans les centres de données.
Les téléphones avec 4 Go de RAM sont de retour
En raison des limitations de mémoire, les appareils d’entrée de gamme reviendront à 4 Go de RAM pour 2026
Les très haut de gamme passeront de 16 Go à 12 Go, avec quelques exceptions, tandis que les modèles de milieu de gamme passeront à 6 Go/8 Go pic.twitter.com/HOWwEL6PeK
— Anthony (@TheGalox_) 12 décembre 2025
Quant aux conséquences de cette pénurie, plusieurs scénarios sont envisageables. Tout d’abord, il est possible que l’écart se creuse entre les téléphones véritablement haut de gamme, qui conserveront des configurations RAM compétitives à des prix exorbitants, et le reste de l’offre. La pression sur les marges de profit pourrait aussi pousser certaines entreprises à retarder des lancements ou à privilégier des modèles plus haut de gamme capables d’absorber cette augmentation de coûts.
Pour chercher un aspect positif à cette crise, elle pourrait servir de catalyseur pour l’innovation et l’optimisation logicielle. En effet, face à l’impossibilité d’ajouter davantage de RAM à leurs modèles, il est envisageable que les fabricants exercent une pression collective sur Google pour améliorer l’optimisation de leurs systèmes d’exploitation, afin de garantir un fonctionnement plus efficace avec moins de mémoire.
Cependant, il est à noter que d’autres solutions plus créatives sont envisagées, comme le stockage de modèles de langage directement dans la mémoire flash des smartphones, ou encore le développement de types de stockage UFS spécialisés optimisés pour l’IA générative. Il est clair que l’année 2026 s’annonce riche en surprises pour le marché des smartphones.
