Xiaomi s’associe à Sei pour intégrer une application de crypto-monnaies sur ses appareils, touchant également les utilisateurs existants par le biais de publicité. Cette initiative vise à transformer le modèle économique tout en soulevant des préoccupations concernant l’utilisation des données et le bloatware.
Xiaomi s’allie à Sei pour préinstaller un portefeuille de crypto-monnaies sur ses mobiles à partir de 2026, visant aussi les utilisateurs actuels via publicité

Xiaomi a décidé que votre prochain mobile sera livré avec un portefeuille de crypto-monnaies préinstallé, que vous l’utilisiez ou non. La firme a conclu un accord majeur avec le réseau Sei pour préinstaller cette application sur tous les appareils vendus en dehors de la Chine et des États-Unis à partir de 2026. L’entreprise s’engage ainsi dans une approche de bloatware plus aggressive.
Selon CoinDesk, ils cherchent également à promouvoir cette application à la base installée actuelle — environ 680 millions de dispositifs — par le biais de leurs canaux publicitaires et notifications. En d’autres termes, même si votre mobile est déjà configuré, vous pourriez recevoir des invitations pour utiliser ce service, que vous le souhaitiez ou non.
Crypto-monnaies obligatoires et portefeuille ouvert
L’application n’est pas juste un simple portefeuille, mais un « centre financier » complet. Pour réduire la friction, elle intégrera la sécurité MPC, permettant de se connecter avec le compte Google ou l’ID Xiaomi, simplifiant ainsi le processus de récupération. Sei aspire également à créer un écosystème complet afin que, lorsque vous ouvrirez la application préinstallée, il y ait diverses options disponibles.
Xiaomi a promis par le passé de réduire considérablement le nombre d’applications indésirables dans sa couche de personnalisation, mais ces promesses semblent avoir peu de valeur. Il apparaît que l’application sera particulièrement orientée vers des marchés dynamiques en crypto comme l’Amérique latine, le Sud-Est asiatique et l’Afrique, bien que l’Europe soit également concernée. Cela rappelle une époque où le système d’exploitation intégrait jusqu’à trois navigateurs web différents en standard, saturant la mémoire avec des services redondants pour des raisons commerciales.
Les ambitions du projet vont au-delà de l’écran. L’objectif final est de permettre des paiements en stablecoins dans les 20,000 stores physiques de Xiaomi. Ils prévoient qu’à partir du deuxième trimestre de 2026, vous puissiez acheter tout depuis des écouteurs jusqu’à leur voiture électrique en payant avec des USDC ou d’autres devises numériques directement depuis votre mobile… à condition que la réglementation européenne ne freine pas ce projet.
Xiaomi n’est pas la seule à suivre cette tendance, bien que ce soit la plus volumineuse. D’autres marques, à l’origine sans clutters, comme Nothing, ont récemment commencé à intégrer des applications sponsorisées, trahissant ainsi leur philosophie initiale. La différence réside dans l’échelle : avec 168 millions de nouveaux mobiles par an et les millions déjà en circulation, Xiaomi va forcer l’adoption des cryptos d’un point de vue statistique.
Du côté de Sei, cela est présenté comme un changement de paradigme : les applications « trouvent l’utilisateur ». En d’autres termes, cela signifie imposer l’adoption. Reste à voir comment sera accueillie en Europe l’apparition d’un outil financier à risque préinstallé, surtout sachant que l’objectif est de transformer votre mobile en terminal de paiement Web3 sans votre demande.
