La Commission européenne a lancé une enquête sur Meta concernant ses pratiques sur WhatsApp. L’objectif est de déterminer si l’entreprise favorise son propre assistant d’intelligence artificielle, au détriment des concurrents comme ChatGPT. Cette situation soulève des interrogations sur l’impact de ces restrictions sur le marché.
La Commission Européenne ouvre une enquête antitrust contre Meta pour avoir restreint l’accès des concurrents à l’intelligence artificielle sur WhatsApp, tout en favorisant son propre assistant

La Commission Européenne a ouvert une enquête antitrust formelle contre Meta, sa société mère, le 4 décembre. Cette initiative vise une stratégie d’intelligence artificielle sur WhatsApp qui pourrait exclure des concurrents comme ChatGPT. Les régulateurs craignent que l’entreprise offre un accès privilégié à son service « Meta AI » pour ses plus de 3 milliards d’utilisateurs.
La commissaire à la Concurrence, Teresa Ribera, a justifié cette action en affirmant qu’il est nécessaire d’agir rapidement pour éviter un potentiel préjudice à la concurrence dans le secteur de l’IA. Cette enquête se déroule selon les normes antitrust traditionnelles de l’UE et non en vertu de la nouvelle Loi sur les Marchés Numériques (DMA). Elle couvre l’Espace Économique Européen, à l’exception de l’Italie, où une enquête gouvernementale est déjà en cours.
La politique qui a déclenché les alarmes
Le point de départ de l’enquête repose sur un changement dans les conditions d’utilisation de la « WhatsApp Business Solution », l’interface utilisée par les entreprises pour communiquer avec leurs clients. À partir du 15 janvier 2026, Meta interdisera explicitement aux « fournisseurs d’IA » d’utiliser cet outil lorsque leur service principal est l’intelligence artificielle. Pour les nouveaux fournisseurs, cette règle est déjà en vigueur depuis le 15 octobre 2025.
Concrètement, cela signifie que les assistants d’IA polyvalents, comme ChatGPT ou le bot de Perplexity, ne pourront plus fonctionner sur WhatsApp. Meta affirme que ces chatbots généraient un « volume élevé de messages » qui surchargeaient un système conçu pour la communication d’entreprise. Un porte-parole de l’entreprise a qualifié les accusations de l’UE d' »infondées ».
Pourtant, la Commission Européenne perçoit cette décision comme une stratégie d’exclusion. Son inquiétude principale est que, en bloquant cet accès, Meta exploite sa position dominante pour promouvoir « Meta AI », son propre assistant lancé en mars de cette année.
Cette enquête de l’UE souligne une conséquence immédiate : la création d’un modèle de « jardin clos » pour l’IA sur l’une des plus grandes plateformes mondiales. En restreignant l’accès, Meta limite le choix des utilisateurs finaux et pourrait également « entraver la production, l’accès au marché ou les développements techniques » dans le domaine des chatbots d’IA, comme l’ont déjà signalé les autorités italiennes dans leur enquête parallèle.
Cette situation représente un conflit entre deux philosophies opposées. Meta considère que la plateforme lui appartient et qu’elle peut l’utiliser comme bon lui semble, tandis que l’UE soutient que l’utilisation généralisée par ses citoyens en fait un quasi-bien public. Elle cherche donc à le préserver de monopolies et de pratiques injustes. Il est probable que cela se traduise par l’imposition de nouvelles régulations sur le marché européen, poussant Meta à des concessions, surtout qu’elle est déjà assez à l’aise sur le marché américain.
