Une initiative récente vise à renforcer la lutte contre les appels indésirables en imposant des changements significatifs. L’établissement d’un nouveau préfixe pour les communications commerciales pourrait transformer l’expérience téléphonique des utilisateurs, apportant une solution durable à un problème persistant.
La France lutte depuis plusieurs années contre le flux incessant d’appels commerciaux qui bombardent quotidiennement les utilisateurs de téléphones mobiles. Quiconque possède un téléphone sait qu’il reçoit régulièrement entre 5 et 12 appels par jour. Ces communications proviennent de robots, de fraudes prétendant émaner de compagnies énergétiques ou d’offres d’emploi douteuses.
Bien que le gouvernement ait mis en place des mesures pour limiter ce harcèlement, le phénomène du spam téléphonique persiste de manière inquiétante. En dépit des tentatives de blocage de numéros, d’inscription sur la Liste Robinson ou même du blocage manuel des appels, ceux qui orchestrent ces appels indésirables trouvent continuellement des moyens de contourner les restrictions et d’exploiter les failles réglementaires.
À ce jour, en fin 2025, la situation reste inchangée, bien que des amendes aient été appliquées, comme celle de 5 000 euros récemment infligée à une entreprise récalcitrante.
Les systèmes de numérotation IP, les plateformes de composition automatique et certaines entreprises hors de l’UE permettent aux appels de se masquer derrière des numéros de mobiles ordinaires, malgré l’interdiction légale de les utiliser à des fins commerciales.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises sous-traitent leurs campagnes à des tiers qui n’ont pas toujours respecté les normes légales. Tant qu’un certain pourcentage d’utilisateurs répond aux appels, même minime, les motivations pour continuer ces pratiques demeurent.
Une avancée… peut-être décisive?
Malgré ce tableau, la nouvelle Loi sur les Services d’Assistance Client propose un tournant potentiel. L’objectif est d’introduire des mesures réellement contraignantes.
La solution, selon nous, repose sur l’instauration d’un nouveau préfixe obligatoire pour toutes les communications commerciales. Exit les numéros mobiles et les origines floues. Si une entreprise désire contacter un utilisateur, elle devra utiliser un numéro clairement identifié. En cas de non-respect, les opérateurs devront bloquer l’appel avant qu’il n’atteigne le consommateur.

Sur le plan technique, cette mesure semble prometteuse par rapport aux précédentes. Elle ne repose pas sur des listes d’exclusion volontaire, comme la Liste Robinson, ni sur la bonne volonté des sociétés, mais sur un système automatisé qui distingue le trafic commercial du trafic normal et filtre les communications ne respectant pas les critères, laissant aux utilisateurs le contrôle sur ce qu’ils reçoivent sur leur téléphone.
En cas d’entrée d’un préfixe désigné, l’utilisateur saura immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un appel personnel et pourra choisir de bloquer ou de refuser l’appel. Des marques comme Apple et Google pourraient également développer des systèmes de filtrage pour certains préfixes.
De plus, cette nouvelle réglementation interdirait l’utilisation exclusive de robots comme moyen d’assistance, limiterait les temps d’attente et imposerait une transparence totale sur les prix et les renouvellements de contrats. Comme pour toute régulation, son efficacité dépendra de l’exécution des contrôles et de la capacité à bloquer les numéros frauduleux opérant depuis l’extérieur de nos frontières.
