Google a demandé à un ancien ingénieur de révéler des secrets sur les processeurs de ses Pixel

Google poursuit un ancien ingénieur pour avoir divulgué des secrets sur ses processeurs Pixel

Un conflit juridique éclatant : un ancien ingénieur de Google est accusé de divulguer des secrets commerciaux concernant les puces Tensor. Les enjeux sont élevés, notamment en matière de dommages causés à l’entreprise par cette fuite d’informations. La lutte pour protéger l’innovation technologique est lancée.

Google attaque un ancien ingénieur pour avoir révélé des secrets sur les processeurs de ses Pixel

Google poursuit un ancien ingénieur pour avoir divulgué des secrets sur ses processeurs Pixel
La gamme Google Pixel 9 Pro, composée du Pixel 9 Pro et du Pixel 9 Pro XL / Photographie de AndroAall

Un ancien ingénieur de Google, Harshit Roy, a été attaqué en justice par la multinationale américaine devant le tribunal fédéral du Texas pour avoir supposément divulgué des secrets commerciaux liés au design des puces de la famille Google Tensor, qui équipe les smartphones et tablettes Google Pixel.

L’accusé aurait partagé des informations confidentielles sur ces processeurs via les réseaux sociaux, où il a même mentionné des entreprises concurrentes de Google tout en proférant des menaces envers la société.

Google estime que le comportement de l’ancien employé est intolérable et a donc décidé de porter plainte, demandant une ordonnance judiciaire pour empêcher Roy de continuer à divulguer des informations confidentielles, ainsi que des indemnités pour les dommages causés par cette diffusion, qui aurait entraîné un « préjudice irréparable » à l’entreprise, en permettant à ses concurrents de reproduire ou d’améliorer leurs propres produits.

L’ingénieur ignore les lettres de Google

Google Tensor G5-couverture

Le processeur Tensor qui alimente les smartphones de la série Google Pixel

Harshit Roy a travaillé pour Google depuis Bangalore, en Inde, de juin 2020 jusqu’à sa démission en février de cette année. Pendant son temps au sein de la société, il faisait partie de l’équipe chargée de la conception et du développement des nouveaux SoC (_System-on-Chip) de la série Google Tensor destinés à être utilisés dans les dispositifs de la série Pixel.

En raison de la nature de son travail, Roy avait accès à des informations confidentielles et avait été contraint de signer un accord de confidentialité interdisant la divulgation d’informations recueillies durant son activité professionnelle.

Cependant, Roy a choisi de photographier des documents confidentiels et, en août 2024, après avoir déménagé au Texas pour entreprendre un doctorat à l’Université du Texas à Austin, a commencé à publier ces photographies sur ses profils de réseaux sociaux X (anciennement Twitter) et LinkedIn. Ses publications contenaient des informations sensibles concernant les produits, y compris la couverture d’une présentation confidentielle de Google. Il a également proféré des menaces, affirmant qu’il « devait prendre des mesures peu éthiques pour obtenir ce qui lui était dû ».

Le 21 août, il a décidé de partager sur LinkedIn un lien vers un compte Google Photos rempli d’images de documents internes sur le SoC de Google destiné à des dispositifs Pixel encore non commercialisés.

Il est crucial de noter qu’avant ces publications sur les réseaux sociaux, Google avait déjà découvert en décembre 2023 que Roy détenait des informations confidentielles liées aux dispositifs Pixel. À ce moment-là, Roy avait accepté de supprimer toutes les photos de ses appareils et avait fourni à Google des preuves de leur suppression. Google pensait que Roy avait cessé de s’approprier des informations confidentielles, mais les publications d’août 2024 ont prouvé le contraire.

Après avoir pris connaissance des faits, Google a essayé de le contacter et lui a envoyé une lettre de cessation en novembre de la même année, mais l’ingénieur n’a pas répondu et a continué à diffuser des informations confidentielles.

À ce jour, un avis formel de la plainte a déjà été remis à Roy, qui disposera d’un délai déterminé pour répondre. Si le cas n’est pas réglé à l’amiable, les deux parties se présenteront devant un tribunal où la responsabilité de Roy sera déterminée. Google recherche une large gamme de réparations dans sa plainte contre Harshit Roy, incluant des mesures cautiaires, des dommages-intérêts et le remboursement de ses frais juridiques. L’issue de l’affaire dépendra des preuves présentées et des arguments juridiques avancés par chacune des parties.