Le retour de l’univers de The Outer Worlds s’annonce captivant avec le lancement prochain de The Outer Worlds 2, prévu le 29 octobre. Ce nouvel opus promet des mécaniques de jeu améliorées, mais laisse une impression mitigée sur le plan critique. Découvrez les enjeux opposant le capitalisme et le communisme dans cette suite très attendue.

En 2019, The Outer Worlds a proposé, à travers une formule de space-opera, une vision d’une société où le travail est primordial et les PDG d’entreprises sont des héros avant-gardistes. L’année précédente, Elon Musk a envoyé une Tesla dans l’espace, un acte perçu comme un moment marquant comparable à l’alunissage de 1969. Aujourd’hui, la réflexion de Obsidian Entertainment semble se rapprocher de notre réalité actuelle, surtout en ce qui concerne l’influence des dirigeants des Big Tech sur la présidence Trump.
Pour cette raison, après plusieurs années, The Outer Worlds demeure un jeu de rôle hautement reconnu, tous deux par son humour et son exagération des thèmes abordés. Cela explique l’intérêt croissant pour le prochain chapitre, The Outer Worlds 2, qui sortira le 29 octobre sur toutes les principales plateformes de jeu. Nous avons eu l’occasion d’y jouer en avant-première et pouvons confirmer que les mécaniques de jeu se sont améliorées, mais l’aspect critique semble moins percutant, laissant une certaine déception.
La lutte entre capitalisme et communisme
Après les événements de The Outer Worlds, parmi les 33 entreprises ayant contribué à la colonisation spatiale, seule une a survécu : celle issue de la fusion entre Zia Cleo et Solutions Spaziali, nommée Solutions de la Zia. Il s’agit d’une entité monopolistique visant à maximiser ses profits et à imposer sa vision, axée sur deux verbes chers au capitalisme : produire et consommer. Il n’y a pas de place pour le loisir, la vie sociale ou même la santé.
Face à ces idéaux, se dresse le Protétorat : ici, les habitants ne sont pas des employés, mais des sujets. Ils n’ont pas à se soucier du type de travail, car les tâches manuelles et épuisantes sont réalisées par des robots, tandis que les autres professions, souvent liées à la diffusion des doctrines du Souverain et de la Matriarche, sont imposées. L’économie est autarcique : chacun possède une maison et des biens de première nécessité, mais la liberté individuelle est totalement absente.
Quiconque exprime des doutes ou des ambitions divergentes du chemin tracé se retrouve au « Relaxtion Mental ». Un régime totalitaire, inspiré par l’Union soviétique, comme en témoignent les affiches et les chants diffusés à la radio lors de notre exploration. On observe une réminiscence du XX siècle, ici réinterprétée sous un angle rétrofuturiste.
Solutions de la Zia et Protétorat sont en guerre. En tant qu’agent du Direttorato Terrestre, il nous revient de tracer un futur pour l’humanité à travers nos choix. The Outer Worlds 2 atténue la critique sociale pour nous immerger dans une aventure spatiale empreinte de tonalités héroïques.

THE OUTER WORLDS 2 | Les villes du jeu sont très inspirées.
Les caractéristiques de The Outer Worlds 2
Le combat est plus omniprésent, tout comme les dialogues, par rapport au précédent épisode. L’univers de jeu étant plus vaste, il incite à l’exploration pour rencontrer des personnages atypiques et des situations découlant du conflit entre capitalisme et communisme. Dans ce cadre, Obsidian démontre une fois de plus son excellence en matière d’écriture, déjà visible dans le chapitre de 2019 et d’autres titres comme Avowed, Pentiment et Fallout New Vegas. Les interactions avec personnages, ordinateurs et fichiers audio offrent des discussions complexes, mais pas lourdes, grâce à un fond sarcastique qui suscite toujours des interrogations lors de nos choix narratifs. Les réactions de nos deux compagnons, contrôlés par l’intelligence artificielle du jeu, complètent ces moments, pouvant même s’avérer hostiles ou violentes en fonction des décisions contraires à leurs convictions.

THE OUTER WORLDS 2 | Les phases de combat sont satisfaisantes en termes de sensations et d’approches.
Pour apaiser les dilemmes moraux, des combats contre des ennemis ou des créatures extraterrestres interviennent. Les approches possibles sont variées, grâce à une large gamme d’armes et de mises à niveau. Il est également possible d’éviter le combat en optant pour une infiltration discrète, mais c’est dans les phases de tir que The Outer Worlds 2 présente de réelles améliorations. Avec la manette en main, chaque arme procure des sensations agréables, permettant des actions fluides contre des groupes d’adversaires.
Un regret persiste néanmoins du côté graphique et technique : les jeux d’Obsidian restent fidèles à la tradition des jeux de rôle occidentaux, avec des conversations statiques et des animations peu convaincantes pour les personnages non-joueurs (PNJ) lors des explorations. C’est une caractéristique des jeux d’Obsidian, mais en 2025, ce style paraît obsolète et moins crédible.

Pour conclure : l’héritage de The Outer Worlds 2
En conclusion, The Outer Worlds 2 est un titre remarquable grâce à sa narration aboutie et aux nombreuses possibilités d’interaction qu’il propose, ainsi qu’à l’intensité des actions. Le monde de jeu est riche en caractérisations et cohérent avec les thèmes abordés. Il est regrettable de constater un recul sur le plan critique et représentatif par rapport à son prédécesseur de 2019. La scène vidéoludique abonde de mondes dystopiques utilisant le post-apocalyptique, le cyberpunk ou l’espace surtout pour des raisons esthétiques, perdant ainsi une dimension critique.
Dans cette optique, par rapport à son prédécesseur, qui avertissait sur la direction de notre société, The Outer Worlds 2 se réfugie dans une sorte de zone de confort avec des thèmes du XXe siècle qui, bien qu’explorés en profondeur, ne parviennent plus à ébranler la conscience des joueurs. C’est un recul pour ceux qui perçoivent le jeu vidéo comme une expression culturelle. Pour ceux qui ne le voient que comme du divertissement, The Outer Worlds 2 fonctionne parfaitement.