Le renouvellement des licences de fréquences pour les opérateurs historiques au Portugal suscite des inquiétudes. Une pétition appelle le régulateur à suivre les recommandations de l’autorité de la concurrence pour éviter de limiter la croissance de nouveaux acteurs et préserver la concurrence au bénéfice des consommateurs.
Une pétition adressée à l’Autorité Nationale des Communications (ANACOM) alerte sur les risques d’une limitation de la concurrence dans le secteur des télécommunications au Portugal et demande la prise en compte des recommandations de l’Autorité de la Concurrence (AdC).

La reconduction des droits d’utilisation du spectre radioélectrique attribués à MEO, NOS et Vodafone soulève des questions sur l’avenir de la concurrence sur le marché portugais.
Les plus de 3000 signataires de la pétition, accessible ici, estiment que, puisqu’il s’agit d’une ressource publique et rare, la gestion du spectre doit garantir de réelles opportunités de concurrence et éviter que l’attribution des fréquences ne restreigne excessivement le développement d’opérateurs comme DIGI.
En juin 2026, l’ANACOM a approuvé une orientation préliminaire qui prévoit une reconduction des droits sur plusieurs bandes, avec des échéances variées.
- Pour les bandes 800 et 1800 MHz, les droits seraient renouvelés jusqu’en novembre 2041;
- Pour la bande 900 MHz, une partie des droits prendrait fin en 2033 et une autre serait prolongée jusqu’au début de 2042;
- Pour la bande 2600 MHz, la proposition indique avril 2033.
- La proposition inclut également la reconduction des droits dans la bande 2100 MHz.

Dans son avis sur cette proposition, l’AdC a recommandé de réexaminer la reconduction dans les bandes 800, 2100 et 2600 MHz, afin de permettre que ce spectre soit attribué via des procédures compétitives.
L’autorité a également défendu que, si une reconduction dans les bandes 800 et 1800 MHz était maintenue, la période soit plus courte que celle proposée, que les conditions soient définies à l’avance et que des mesures additionnelles favorables à la concurrence soient adoptées, notamment pour faciliter l’accès des tiers aux réseaux.
Selon l’AdC, la reconduction limite les possibilités d’expansion de DIGI et l’entrée de nouveaux opérateurs, bien que la non-reconduction de tous les droits arrivant à échéance en 2027 comporte un risque significatif de perturbation des services.
Les antécédents
Le 4 juillet 2024, en analysant le rachat de NOWO par Vodafone, l’AdC avait identifié des niveaux élevés de concentration et des offres similaires entre MEO, NOS et Vodafone. Elle estimait que les prix moyens étaient déjà environ 21% supérieurs à ceux d’un scénario de concurrence oligopolistique à quatre entreprises, représentant une perte de bien-être pour le consommateur de 349 millions d’euros par an. L’opération avait finalement été interdite.
En décembre 2024, la présidente de l’ANACOM, Sandra Maximiano, avait déclaré que les baisses de prix des marques low-cost des opérateurs traditionnels survenaient « uniquement là où DIGI est présente ». Un an plus tard, en décembre 2025, selon la pétition, elle a reconnu que l’arrivée de DIGI avait contribué à faire baisser les prix.

Les revendications de la pétition
Parmi les principales demandes figurent une remise à plat de la proposition de reconduction, accompagnée d’une justification publique et explicite sur la prise en compte des recommandations de l’AdC dans la décision finale. Les signataires demandent également que des alternatives à la reconduction dans les fréquences identifiées par l’AdC soient étudiées, ainsi que des délais plus courts le cas échéant. Ils souhaitent aussi la création de conditions proportionnées, objectives et non discriminatoires facilitant l’accès aux réseaux, l’entrée de nouveaux opérateurs et la réalisation de futures attributions de spectre dans des conditions concurrentielles.
Ils sollicitent par ailleurs une évaluation et une diffusion de l’impact des différentes options sur les prix, la qualité des services, la couverture et l’accessibilité économique, en portant une attention particulière aux familles aux revenus les plus modestes.
L’initiative précise qu’elle ne vise pas à défendre la présence d’une entreprise spécifique sur le marché, ni à minimiser l’importance des investissements dans les réseaux, mais plutôt à garantir que la gestion du spectre ne limite pas inutilement la concurrence. La consultation publique étant close, il appartient désormais au régulateur d’examiner les contributions reçues avant de prendre sa décision finale.
