Toyota envisage un investissement colossal pour automatiser ses usines et celles de ses partenaires, avec des centaines de milliers de robots. Cette démarche répond aux défis du vieillissement des infrastructures et de la pénurie de main-d’œuvre, suivant une tendance adoptée par d’autres constructeurs automobiles majeurs.
Toyota prépare ce qui pourrait devenir le plus grand investissement de son histoire dans l’automatisation industrielle.

L’un des plus grands constructeurs automobiles au monde estime que la modernisation de ses usines, des entreprises du groupe et de ses principaux fournisseurs pourrait représenter un coût d’environ 1 000 milliards de yens (soit près de 5,4 milliards d’euros) chaque année à partir de 2028.
Ce montant ne concerne pas uniquement les installations de Toyota, mais inclut également les sociétés du groupe et les principaux fournisseurs, selon les informations partagées par la marque avec ses investisseurs.
Pour réaliser ce niveau d’automatisation, Toyota prévoit le besoin d’environ 400 000 robots, comprenant des modèles humanoïdes et non humanoïdes. Cela implique à la fois le remplacement d’équipements existants et l’installation de systèmes entièrement nouveaux.
Pour l’instant, la société n’a pas confirmé si l’investissement sera effectivement déployé dans ces proportions, ni précisé sa durée.
Le chiffre avancé illustre néanmoins l’ampleur des ambitions de Toyota dans ce domaine, qui englobe la robotique industrielle, la logistique automatisée et une collaboration accrue entre opérateurs humains et machines.

Une réponse à la pénurie de main-d’œuvre et au vieillissement des infrastructures
Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large du secteur automobile, où les constructeurs ont recours de plus en plus à la robotique pour diminuer leurs coûts et affronter deux problèmes structurels majeurs :
- Des infrastructures de production vieillissantes ;
- Une pénurie croissante de main-d’œuvre, particulièrement aiguë au Japon en raison du vieillissement de la population.
Des analystes de Bernstein estiment que l’engagement grandissant de Toyota dans la robotique pourrait renforcer la perception des investisseurs sur le potentiel de croissance de la marque au-delà de l’automobile. Ils prévoient que les annonces liées à la robotique se multiplieront au rythme de l’accélération de cette stratégie.
Avant cette annonce, Toyota avait déjà posé un jalon concret en signant un accord commercial avec Agility Robotics pour le déploiement de robots humanoïdes Digit dans son usine de Woodstock, au Canada, sa plus grande unité de production hors du Japon.

Digit, le robot humanoïde d’Agility Robotics, chargé du chargement et déchargement de caisses dans l’usine d’assemblage de Toyota à Woodstock, Ontario.
Après une année d’essais avec trois prototypes, l’entreprise a décidé de poursuivre avec sept unités supplémentaires, initialement affectées à des tâches de manutention près des chaînes de montage.
Toyota n’est pas la première
L’utilisation de robots humanoïdes sur les lignes de production n’est pas exclusive à Toyota. Le constructeur sud-coréen Hyundai, propriétaire du fabricant de robots Boston Dynamics, a également dévoilé son intention de commencer à déployer des robots humanoïdes dans son usine américaine de Géorgie, également à partir de 2028.
Par ailleurs, BMW étend actuellement l’utilisation de robots humanoïdes dans ses lignes de production, avec le modèle Figure 03 qui gère désormais la logistique de l’usine de Spartanburg, aux États-Unis.