Toutes les technologies prédites par Aliens de James Cameron

Toutes les technologies prédites par Aliens de James Cameron

Le film de science fiction Aliens, réalisé par James Cameron, fête ses quarante ans au mois d’août. Cette suite du premier volet, Alien de Ridley Scott, multiplie les menaces. Alors que l’original se concentrait sur une créature unique, le second opus oppose un régiment de marines spatiaux à des centaines de monstres.

L’univers cinématographique présente plusieurs concepts technologiques, comme le voyage interstellaire, l’hypersommeil qui préserve les humains pendant les longs trajets, ou la terraformage qui vise à rendre d’autres planètes habitables. Certaines de ces idées ont déjà une forme concrète, ou pourraient en avoir une prochainement. D’autres restent du domaine de la fiction.

Dans le scénario, les marines enquêtent sur la disparition de colons humains sur une lune lointaine. Ellen Ripley, l’héroïne du premier film, les accompagne comme conseillère. Ils y découvrent une fillette, Newt, seule survivante de la colonie. La confrontation avec la ruche extraterrestre provoque un chaos sanglant.

L'histoire se déroule en 2179, soit 153 ans dans notre futur

L’histoire se déroule en 2179, soit 153 ans dans notre futur (20th Century Fox)

L’action se situe en 2179, dans un futur éloigné de 153 ans. Si l’on remonte d’autant dans le passé, on arrive en 1873, une époque dominée par les calèches, les tramways à vapeur et l’éclairage au gaz. Les machines à écrire avec clavier QWERTY sont apparues l’année suivante. Les progrès depuis sont immenses, mais l’univers d’Aliens semble parfois moins éloigné du nôtre.

Esthétique industrielle

Les cadres d’entreprise utilisent des cartes de visite encombrantes pour lancer des appels vidéo de basse définition, et brandissent des impressions papier pendant les réunions. Pour le public moderne, l’absence totale d’appareils électroniques personnels peut surprendre. On imagine que ces objets seraient tombés en désuétude en 2179.

Le style visuel industriel et brut du premier film est accentué ici. Aliens présente des véhicules militaires qui mélangent des éléments futuristes et des inspirations tirées du matériel utilisé pendant la guerre du Vietnam. Ce look a influencé des films ultérieurs, mais il a aussi été qualifié de « quotidien » et de « laid ».

Les progrès sont considérables, mais le futur d'Aliens semble parfois proche

Les progrès sont considérables, mais le futur d’Aliens semble parfois proche (20th Century Fox)

La technologie de localisation constitue une exception. Les détecteurs de mouvement, les caméras portables et les biocapteurs intégrés aux bracelets paraissent relativement actuels. Mais si l’on extrapole depuis aujourd’hui, on pourrait s’attendre à ce que les ingénieurs de 2179 utilisent davantage de caméras de surveillance et de vision par ordinateur, un sous-domaine de l’intelligence artificielle. Un réseau de « caméras intelligentes » dans la colonie lunaire aurait pu suivre à la fois les aliens et les humains. Des réseaux similaires surveillent aujourd’hui les foules et les individus dans les rues et les transports en commun.

Mitrailleuses automatiques et exosquelettes

Les robots du film sont marquants. Certains ne sont pas très éloignés du matériel actuel, mais avec des différences. Dans deux scènes, Ripley enfile une imposante combinaison mécanique nommée « chargeur ». Ces exosquelettes servent surtout à déplacer des cargaisons, mais ils peuvent aussi être détournés pour combattre les xénomorphes.

Les exosquelettes réels n’en sont pas encore à ce stade. Pour soulever des charges lourdes, on utilise plutôt de grands robots industriaux autonomes ou télécommandés, ce qui est plus sûr pour les opérateurs humains. Les exosquelettes actuels sont de plus petite taille. Ils aident des personnes à remarcher après un traumatisme, et des versions commerciales assistent ceux qui ont des problèmes de mobilité.

Le film Aliens de James Cameron célèbre ses 40 ans en août

Le film Aliens de James Cameron célèbre ses 40 ans en août (20th Century Fox)

La guerre en Ukraine nous a familiarisés avec les robots de combat autonomes. Certains ressemblent aux mitrailleuses sentinelles automatisées du film, qui gardent un passage de la colonie. Mais les drones aériens, très utilisés aujourd’hui, sont absents de cet univers.

Un robot fonctionne à un niveau bien supérieur aux autres : l’androïde Bishop. Extérieurement humain, il est qualifié dans le film de « synthétique ». En 2179, les synthétiques semblent approcher le niveau cognitif humain, ce qu’on nomme l’intelligence artificielle générale. Ils respectent même les lois de la robotique imaginées par Isaac Asimov. Dans une scène, Bishop explique à l’équipage qu’il ne peut pas blesser un humain ni laisser un humain être blessé, ce qui correspond à la première loi d’Asimov.

Leurs corps réalistes et performants semblent intégrer la robotique molle. Dans ce domaine de recherche, les scientifiques créent des robots avec des matériaux flexibles, et utilisent des fluides ou de l’air comprimé pour générer le mouvement. Les synthétiques du film combinent probablement des systèmes de robotique molle avec une structure rigide.

L’énigme technologique

Certaines technologies d’Aliens restent hors de portée. Nous ne disposons pas de systèmes de propulsion qui puissent envoyer des équipages vers d’autres étoiles et les ramener en un temps raisonnable. Concernant l’hypersommeil, des humains ont survécu dans de rares cas à une hypothermie extrême pendant plus d’une heure, mais la pratique n’est pas recommandée. La terraformation reste purement théorique.

De nombreux chercheurs et entreprises ambitionnent pourtant de créer des robots humanoïdes et d’atteindre l’intelligence artificielle générale. Les réseaux sociaux diffusent régulièrement leurs avancées. Mais une partie de ces acteurs cherche à lever des fonds. Beaucoup d’experts affirment que des synthétiques humains comme ceux des films Alien dépassent encore largement nos capacités.

Cela soulève une énigme au cœur d’Aliens. Pourquoi n’y a-t-il pas plus de synthétiques ? Pourquoi ne pas les envoyer terraformer des mondes ou combattre des extraterrestres hostiles ?

Les humains sont peut-être plus jetables, et finiront par faire le sale travail de l’IA parce qu’ils coûtent moins cher. Mais une réponse plus optimiste existe. Malgré nos faiblesses apparentes, l’être humain pourrait être l’entité la plus capable. Après tout, c’est Ripley, et non Bishop, qui vainc la reine alien. Elle improvise avec les technologies disponibles et elle est poussée par son désir de protéger Newt. Notre espèce garde peut-être encore de l’espoir.