Le gouvernement indien a déclaré à la Haute Cour de Delhi que Telegram avait été averti deux semaines avant le blocage de la plateforme. Les autorités affirment que l’application a reconnu son incapacité à identifier de manière proactive les chaînes qui vendaient des copies de sujets d’examen piratés.
Ce blocage national, décidé avant un concours médical national, a perturbé l’accès à Telegram bien au-delà des frontières de l’Inde. Des utilisateurs situés aux Émirats arabes unis ont aussi été affectés.
Telegram affirme avoir coopéré et estime que l’interdiction est illégale.
Le contenu de la déclaration sous serment
Le gouvernement a déposé sa déclaration sous serment le 18 juin. Le document indique que le ministère de l’Électronique et des Technologies de l’Information a reçu plusieurs plaintes concernant l’utilisation de Telegram pour la fuite présumée de sujets de l’examen NEET-UG 2026, le concours national d’entrée en médecine. L’Agence nationale des tests a identifié des chaînes, des groupes et des robots qui diffusaient du matériel piraté et organisaient des escroqueries liées à l’examen.
Les autorités expliquent qu’elles n’ont pas bloqué l’application immédiatement.
Elles ont d’abord exprimé leurs préoccupations directement auprès de Telegram. La déclaration sous serment rapporte que la plateforme a reconnu que ses capacités de détection proactive pour ce type de contenu étaient limitées et que ses modérateurs agissaient uniquement sur les chaînes signalées.
Peu après, des médias ont indiqué que la Haute Cour de Delhi avait mis en délibéré sa décision sur la requête de Telegram qui conteste l’interdiction. Le blocage reste en vigueur en attendant le jugement.
Les développements précédents
La veille, des rapports faisaient état d’un débordement du blocage indien. La perturbation de l’accès à Telegram, jusqu’aux Émirats arabes unis, provenait d’une fuite de routes BGP.
Telegram a contesté le blocage devant les tribunaux. Le PDG de l’entreprise, Pavel Durov, a accusé l’opérateur télécom indien Reliance de sabotage délibéré et a lié cette action à la concurrence avec WhatsApp.
Des chercheurs en réseaux ont interprété la situation différemment. Ils ont vu un blocage national mal configuré qui a fuité à l’échelle mondiale. Ils ont précisé que le système autonome cité par Durov appartient à Reliance Communications, une société insolvable, et non à Reliance Jio qui bénéficie du soutien de Meta.
Reliance Jio a depuis pris la parole publiquement pour dire la même chose. Dans une déclaration sur le réseau social X, la société a rejeté catégoriquement l’allégation de Durov.
Le nouveau passage de l’examen NEET-UG est prévu pour le 21 juin. Le blocage doit être levé le 22 juin, sauf si la décision de la cour, qui est en délibéré, en décide autrement.
Les utilisateurs affectés par cette perturbation peuvent toujours accéder à Telegram via un proxy MTProto intégré, comme expliqué dans un rapport précédent.
