La police a arrêté vingt-neuf suspects et démantelé neuf groupes de criminalité organisée lors d’une vaste opération contre les services de streaming illégal. Cette action internationale, baptisée Operation KRATOS 2, a été coordonnée pendant sept mois par la Bulgarie avec le soutien de Europol.
Les autorités de treize pays ont participé à l’enquête : la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. Avec l’aide de partenaires du secteur privé, les enquêteurs ont identifié plus de 18 000 adresses IP associées à des services illégaux et 4 370 domaines liés au piratage. Ils ont aussi signalé près de 400 000 autres URL pour suspension ou suppression.
Au total, plus de 27 000 liens de streaming illégal qui diffusaient sans autorisation des contenus sportifs, des films et des séries télévisées ont été retirés. Les forces de l’ordre ont identifié quatre-vingt-six suspects et réalisé cent-quarante-huit perquisitions. Cinquante-neuf dossiers ont été transmis aux autorités judiciaires et soixante-douze autres enquêtes criminelles sont en cours.
Selon Europol, les groupes criminels qui gèrent ces services séparent délibérément les sites web clients des serveurs qui hébergent les contenus illicites. Cette stratégie leur permet de travailler dans plusieurs juridictions différentes pour échapper à la détection et aux poursuites. Les enquêteurs n’ont pas ciblé uniquement la fermeture des sites web, mais ils ont visé l’ensemble de l’écosystème criminel qui soutient ces plateformes. Cette méthode a permis aux autorités de recueillir des renseignements sur les groupes organisés et d’identifier les principaux suspects impliqués dans la gestion et le fonctionnement technique.
Europol a aussi averti que ces services illégaux, au-delà des revenus importants qu’ils génèrent pour les réseaux criminels, exposent leurs utilisateurs à des risques majeurs en matière de cybersécurité. Ces risques incluent des infections par des logiciels malveillants, l’installation de logiciels espions et le vol de données.
Cette action conjointe fait suite à une première opération internationale anti-piratage, simplement nommée Operation KRATOS. Menée à l’été 2024 sous la direction du ministère bulgare de l’Intérieur avec le soutien d’Europol et d’Eurojust, elle avait permis de fermer un réseau de streaming illégal qui comptait plus de vingt-deux millions d’utilisateurs dans le monde. Onze arrestations avaient été réalisées, cent-deux suspects identifiés et cent-douze perquisitions effectuées.
En janvier dernier, Europol, Eurojust et Interpol avaient coordonné l’Operation Switch Off. Cette autre action policière mondiale avait abouti à la saisie de trois services IPTV illégaux à l’échelle industrielle. Plus récemment, en mai, les autorités italiennes ont démantelé la plateforme de piratage CINEMAGOAL, qui offrait un accès illégal à des services de streaming comme Netflix, Disney+ et Spotify.
