Un chercheur en sécurité de Israel Aerospace Industries, Kim Dvash, vient de dévoiler un outil proof-of-concept baptisé GhostLock. Ce dernier illustre une méthode pour exploiter une API légitime de Windows afin de bloquer l’accès à des fichiers locaux ou sur des partages réseau SMB.
Exploitation de l’API CreateFileW
La faille repose sur l’API CreateFileW et ses modes de partage de fichiers. En fixant le paramètre dwShareMode à 0 dans la fonction CreateFileW(), un processus obtient un accès exclusif au fichier. D’autres utilisateurs ou applications ne peuvent plus l’ouvrir tant que les handles persistent.
Par exemple, ce code ouvre le fichier finance.xlsx en mode exclusif :
HANDLE hFile = CreateFileW(
L"\\server\share\finance.xlsx",
GENERIC_READ,
0,
NULL,
OPEN_EXISTING,
FILE_ATTRIBUTE_NORMAL,
NULL
);
Toute tentative d’accès ultérieure provoque l’erreur STATUS_SHARING_VIOLATION sous Windows.

Erreur de partage de fichiers Windows
Source: Kim Dvash
Fonctionnement de l’outil GhostLock
Disponible sur GitHub, GhostLock automatise l’attaque en ouvrant récursivement un grand nombre de fichiers sur des partages SMB. Les utilisateurs de domaine standards suffisent, sans besoin de privilèges élevés. L’effet s’amplifie avec plusieurs appareils compromis lançant l’attaque en parallèle, en rouvrant constamment les handles.
L’accès aux fichiers revient à la normale après terminaison de la session SMB, arrêt des processus ou redémarrage du système.
Impact et détection
Dvash qualifie cette approche de perturbation plutôt que de destruction, comparable à une interruption temporaire sans perte de données. Elle sert de diversion lors d’intrusions, surchargeant les équipes IT pendant des exfiltrations ou mouvements latéraux.
Les outils de sécurité, axés sur les écritures ou cryptages massifs, peinent à repérer ces ouvertures légitimes. L’indicateur clé réside dans le compteur d’ouvertures par session avec ShareAccess = 0 au niveau du serveur de fichiers, absent des logs Windows, EDR ou flux réseau.
Le chercheur fournit des requêtes SIEM et une règle NDR dans son document technique pour aider les défenseurs.
