Une enquête récente au Royaume-Uni indique que la moitié des enfants de moins de 16 ans possèdent déjà un jouet ou un appareil intégrant l’intelligence artificielle. Ce sondage met en lumière les divergences entre l’adoption massive de ces technologies dans les produits pour enfants et le manque de directives précises pour les familles.
Réalisé par la British Standards Institution (BSI) à l’occasion de son 125e anniversaire, l’étude révèle que 50 % des mineurs ont reçu un robot interactif ou une tablette intelligente, par exemple. Néanmoins, 47 % des parents estiment que leurs enfants se porteraient mieux sans accès à l’IA, et 75 % craignent une exposition à du contenu inapproprié ou des failles de données via ces jouets connectés à internet.

Un paradoxe apparaît : 54 % des parents autoriseraient leur enfant à utiliser un jouet IA sans surveillance, contre 51 % pour un jeu dehors sans adulte ou 46 % pour une sortie en magasin ou parc seul.
Inquiétudes sur la compréhension des enfants
Seulement 46 % des parents jugent leur enfant capable de différencier un humain d’une IA, et 43 % estiment qu’il évaluerait correctement les réponses d’un chatbot. Par ailleurs, 78 % redoutent des réactions à des questions sensibles hors contrôle, et 70 % s’inquiètent de compliments ou critiques inadaptés émis par ces appareils.
Appel à des normes renforcées
91 % des parents considèrent une certification de sécurité dédiée aux jouets IA comme importante, 29 % comme indispensable. 83 % exigent des fabricants un respect des standards établis, et 72 % demandent des précisions sur la conformité aux exigences de sécurité.
Les marquages actuels comme CE ou UKCA couvrent les risques physiques, tels que l’étouffement, tandis que certains produits respectent ISO 27001 pour la sécurité de l’information. Aucune norme spécifique n’existe pour les aspects comportementaux et développementaux liés à l’IA dans les jouets. Le gouvernement britannique a présenté un cadre de sécurité des produits incluant les risques IA, notamment pour les jouets enfants.
Laura Bishop, responsable secteur numérique chez BSI pour la cybersécurité et l’IA, observe que ces jouets s’intègrent rapidement au quotidien des enfants pour le jeu et l’apprentissage, avec des bénéfices potentiels. Les cadres pour un usage sûr et adapté peinent à suivre. Les parents adoptent ces technologies sans informations claires sur leur fonctionnement ou les protections.
La députée Emily Darlington, membre du Science, Innovation and Technology Committee, souligne que les jouets IA s’implantent plus vite que les régulations ou les informations fournies aux parents sur l’impact développemental. Les familles décident sur des technologies complexes sans guides accessibles sur les données collectées ou l’usage sécurisé. Des standards clairs évitent que l’innovation dépasse la sécurité, au risque d’une exposition prématurée à des outils puissants mal compris.
L’enquête, menée par Focaldata auprès de 1 000 parents britanniques en avril, confirme ces tendances.
