Un ressortissant letton extradé vers les États-Unis a écopé de 8,5 années de prison pour son rôle de négociateur dans le groupe ransomware Karakurt d’origine russe.
Deniss Zolotarjovs, âgé de 35 ans et résidant à Moscou, a été appréhendé en Géorgie en décembre 2023. Transféré aux autorités américaines, il a reconnu les faits en juillet 2025 pour des accusations de complot en vue de fraude par fil électrique et de blanchiment d’argent, déposées en août 2024.
Les documents judiciaires révèlent que ce membre du groupe d’extorsion Karakurt, dirigé par d’anciens leaders du ransomware Conti, infiltrait les systèmes d’entreprises, dérobait des données sensibles et exigeait des rançons sous peine de divulgation publique ou de revente à d’autres cybercriminels. Connu en ligne sous le pseudonyme Sforza_cesarini, il excellait dans les négociations de cas d’extorsion dits « cold case », reprenant contact avec des victimes qui avaient rompu les discussions sans payer.
Le FBI l’impute d’au moins six affaires d’extorsion visant des organisations américaines entre août 2021 et novembre 2023. Zolotarjovs menait des enquêtes poussées sur les cibles, exploitant des informations personnelles et médicales volées, y compris sur des enfants, pour accentuer la pression psychologique. Son activité a touché une entité gouvernementale dont le système 911 a été mis hors service.
Il collabore aussi avec d’autres formations comme Royal, TommyLeaks, SchoolBoys Ransomware et Akira. Sur plus de 54 victimes recensées, 13 attaques ont généré plus de 56 millions de dollars de pertes, dont 2,8 millions en paiements de rançons. Quarante et une autres ont versé 13 millions sans détails complets de préjudices. Le Département de la Justice évalue les dommages totaux à des centaines de millions de dollars.
Premier membre de Karakurt jugé et condamné aux États-Unis, cette affaire pourrait ouvrir la voie à d’autres poursuites. Par ailleurs, jeudi dernier, deux anciens employés de Sygnia et DigitalMint ont été sentencés chacun à quatre ans de prison pour leur implication dans des assauts BlackCat (ALPHV) contre des firmes américaines.
