Jeudi, Elon Musk a subi un contre-interrogatoire tendu au tribunal californien lors du troisième jour du procès opposant l’homme le plus riche du monde à OpenAI, son cofondateur et PDG Sam Altman, ainsi que le président Greg Brockman.
Musk affirme avoir investi 38 millions de dollars et apporté son soutien personnel après des assurances d’Altman selon lesquelles l’entreprise d’intelligence artificielle resterait une organisation à but non lucratif dédiée à un développement sécurisé de la technologie.
Pourtant, selon lui, OpenAI s’est muée en entité à but lucratif au profit personnel de ses dirigeants. L’avocat de la défense, William Savitt, a confronté Musk à propos d’un term sheet envoyé par Altman le 31 août 2017, esquissant la transition vers une structure à but lucratif supervisée par une entité non lucrative.

Le milliardaire dirigeant de Tesla et SpaceX réclame une refonte de la gouvernance d’OpenAI, 150 milliards de dollars de dommages et intérêts, ainsi que le retour au modèle non lucratif, avec le limogeage d’Altman et Brockman.
OpenAI, créatrice du chatbot ChatGPT, rétorque que Musk cherche à contrôler l’entreprise par jalousie depuis son départ du conseil en 2018. L’entreprise, valorisée à plus de 850 milliards de dollars et visée par une possible introduction en bourse, dénonce un manque d’attention de Musk aux questions de sécurité durant son mandat et un soutien à sa propre société xAI, qui utilise même OpenAI pour entraîner ses modèles, pratique courante selon lui.

Les accusations portent sur une violation de fiducie caritative et un enrichissement injuste, Microsoft étant aussi visé pour complicité. Fondée en 2015 comme laboratoire de recherche non lucratif, OpenAI justifie sa structure à but lucratif par la nécessité d’attirer capitaux et talents pour la puissance de calcul.
L’avocat de Musk, Steven Molo, a plaidé pour l’admission de témoignages d’experts sur les risques d’extinction humaine liés à l’IA, mais la juge a refusé, soulignant l’ironie face à xAI et précisant que le procès ne porte pas sur la sécurité de l’IA.
Initié lundi, le procès devrait s’étendre sur plusieurs semaines, avec Brockman et l’expert en sécurité Stuart Russell attendus prochainement à la barre.
