John Ternus, âgé de 51 ans, a consacré une grande partie de sa carrière à Apple. Pendant plus de 25 ans, il a contribué à la conception de l’iPad, des AirPods ainsi que de nombreuses générations d’iPhones et d’Apple Watches. Ses collègues le décrivent comme un professionnel collaboratif, prudent, méticuleux et équilibré, un véritable « homme de produit » fiable.
Il a été récemment nommé PDG de l’une des entreprises les plus précieuses au monde, succédant ainsi à Tim Cook, qui a dirigé Apple depuis longtemps.
Le 1er avril, Apple a célébré son 50e anniversaire. Fondée en 1976 dans la chambre de Steve Jobs et sauvée de la faillite dans les années 1990, l’entreprise a évolué pour devenir un géant mondial de 4 000 milliards de dollars sous la direction de Tim Cook.
À ce tournant important, Apple se confronte toutefois à deux défis majeurs : l’intelligence artificielle et le matériel.
John Ternus, alors vice-président de l’ingénierie matérielle chez Apple, annonce de nouvelles fonctionnalités de l’iPad lors d’un événement à Brooklyn, octobre 2018 (AP Photo / Bebeto Matthews, File)
Apple accuse un retard dans la course à l’intelligence artificielle. Bien que Siri soit l’un des assistants virtuels les plus connus au monde, ses capacités sont en deçà de celles de ChatGPT de OpenAI et de Claude d’Anthropic. Récemment, Siri a été reconfiguré avec la technologie de Google, mais suite à cela, le logiciel Apple Intelligence n’a pas rencontré le succès escompté.
Néanmoins, derrière cette faiblesse se cache une force subtile. Malgré les changements apportés par l’IA générative, les dispositifs sur lesquels elle s’appuie restent ceux conçus par Apple. Pour chaque abonnement à ChatGPT ou Claude via l’application iPhone, l’entreprise en tire un bénéfice. Comme mentionné par Axios, « Apple pourrait gagner la course à l’IA sans avoir à courir. »
La nomination de Ternus indique qu’Apple mettra le paquet sur les hardware, renforçant ainsi sa position dans ce secteur. Les microprocesseurs d’Apple sont particulièrement adaptés pour entraîner et exécuter des IA. Selon NET, Ternus a joué un rôle déterminant dans la transition de l’entreprise vers ses propres processeurs Apple Silicon, abandonnant ceux de Intel. Ces puces ont fait du Mac Mini d’Apple un objet prisé par les entrepreneurs et passionnés d’IA, provoquant des pénuries et des retards d’expédition.
Alors que la construction de nouveaux data centers fait face à des obstacles et une contestation croissante, délester une partie du traitement AI vers les ordinateurs des consommateurs pourrait représenter une solution pour les géants technologiques.
Les concurrents de Apple investissent massivement dans l’IA mais rencontrent des difficultés, entraînant des licenciements massifs. Cependant, Apple a su éviter de tels bouleversements jusqu’à présent.
À long terme, la question se pose : quelle sera la prochaine évolution dans notre manière d’interagir avec les ordinateurs ? Autrefois, ils occupaient des pièces entières dans les bureaux et universités, puis ont évolué vers des ordinateurs personnels offrant des interfaces graphiques. Actuellement, la navigation se fait via des smartphones aux écrans tactiles ultra-sensibles.
Des spéculations existent sur l’avenir des interfaces, certaines personnes misent sur le contrôle vocal comme avec Alexa d’Amazon, d’autres sur la réalité augmentée (RA) ou la réalité virtuelle (RV). Même Mark Zuckerberg, qui a récemment relancé son entreprise sous le nom de Meta, prend du recul concernant ses projets en RA et RV après avoir perdu près de 80 milliards de dollars.
Apple détient une expertise institutionnelle qui la place en position favorable sur ce marché, bien que son casque Vision Pro, proposé à 3500 dollars, n’ait pas connu le succès escompté. Néanmoins, il pourrait devenir un atout stratégique pour l’avenir de la RA.
La concurrence demeure cependant féroce, notamment avec des anciens designers d’Apple tels que Jony Ive, qui collaborent avec OpenAI pour un mystérieux dispositif dénué d’écran. Son potentiel disruptif reste incertain.
Les défis d’Apple en matière d’IA et de matériel s’entrelacent. Les chatbots AI nous ont ramènés à une interface primitive où l’on tape des commandes textuelles, mais pour combien de temps cela perdurera-t-il ? Comment interagirons-nous avec l’IA dans cinq ou quinze ans ? Pour atteindre ses objectifs, Apple doit produire un produit axé sur l’IA de qualité, sans nécessairement être le premier sur le marché. Le iPhone, par exemple, n’a pas été le premier smartphone, mais a introduit une conception élégante et accessible.
Cependant, aucune domination n’est éternelle. Les critiques soulignent qu’Apple est devenue trop conservateur, manquant d’un nouvel appareil révolutionnaire. L’avenir de la direction de Ternus soulève des interrogations : sera-t-il capable de trouver la formule gagnante pour relancer l’innovation ?
