L’UE se mobilise contre Meta : des mesures urgentes pour stopper le blocage d’autres IAs sur WhatsApp

La UE va à l'encontre de Meta : menace d'imposer des mesures urgentes pour que l'entreprise cesse de bloquer d'autres IA sur WhatsApp

Bruxelles prend des mesures contre Meta pour avoir restreint l’accès à ses services d’intelligence artificielle sur WhatsApp Business, un changement qui pourrait causer des dommages importants à la concurrence. Les régulateurs envisagent des actions urgentes pour empêcher cette monopolisation et maintenir un environnement concurrentiel.

Bruxelles accuse la maison mère de WhatsApp d’abus de position dominante

La UE va à l'encontre de Meta : menace d'imposer des mesures urgentes pour que l'entreprise cesse de bloquer d'autres IA sur WhatsApp
La API de WhatsApp Business est devenue le nouveau terrain de bataille réglementaire, où la Commission européenne cherche à garantir que tout assistant d’IA puisse fonctionner sur la plateforme.

La Commission européenne est passée à l’offensive contre Meta en dénonçant formellement le blocage des assistants d’intelligence artificielle concurrents sur WhatsApp Business. Les régulateurs estiment que la nouvelle politique de l’entreprise, mise en place depuis la mi-janvier, pourrait étouffer la concurrence sur un marché en rapide évolution.

Comme rapporté par l’agence Reuters, Bruxelles a envoyé un acte d’accusation à l’entreprise technologique après avoir constaté que seul l’utilisation de Meta AI est autorisée au sein de sa plateforme de messagerie professionnelle. Cette restriction, en vigueur depuis le 15 janvier, empêche les clients d’utiliser des chatbots tiers via l’API officielle.

Mesures urgentes contre le monopole de l’IA

La gravité de la situation a conduit la Commission à envisager l’imposition de mesures provisoires pour éviter des dommages irréparables. Ce mécanisme juridique obligerait Meta à rétablir immédiatement l’accès aux fournisseurs externes, tandis que l’enquête principale — qui examine déjà des modifications suspectes dans ses conditions — suit son cours légal en Europe.

Les institutions communautaires insistent sur le fait qu’elles ne peuvent pas permettre aux entreprises dominantes d’exploiter leur position pour obtenir un avantage déloyal. En fermant l’accès à l’API de WhatsApp Business, Meta force l’adoption de sa propre IA, écartant des concurrents plus petits comme Poke.com, qui est l’un des plaignants dans ce cas.

Cette vigilance réglementaire s’inscrit dans un effort plus large, car l’Union européenne travaille depuis un certain temps à l’ouverture technique de ses services pour s’assurer que les utilisateurs ne soient pas dépendants d’un seul écosystème. Dans ce cadre, Bruxelles suspecte que WhatsApp est un canal de distribution crucial et que son contrôle exclusif confère un pouvoir excessif sur le secteur de l’intelligence artificielle.

Pour sa part, l’entreprise mère de WhatsApp se défend en affirmant qu’il n’y a pas de justification pour cette intervention étatique. À travers un porte-parole, Meta a déclaré que les utilisateurs disposent de plusieurs alternatives sur d’autres plateformes et sites Web, suggérant que la Commission sous-estime l’importance de son API comme voie d’accès à ces assistants intelligents.

En réalité, si les soupçons d’abus se confirment, Meta pourrait faire face à des amendes allant jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial. Cependant, la démarche actuelle vise à stopper la perte de compétitivité par des mesures provisoires, garantissant que le marché de l’IA en Europe ne soit pas dominé par une seule entreprise.