Des créateurs sur OnlyFans font face à une taxe controversée, appelée « taxe éthique », qui peut rendre leur situation financière encore plus complexe. Cette imposition, qui s’élève à 25% des revenus, soulève des questions quant à son application sur des contenus numériques divers.

Aucune donnée officielle n’est disponible. Cependant, plusieurs témoignages suggèrent une montée des vérifications fiscales pour les créateurs sur OnlyFans. Ces contrôles révèlent un sujet en particulier : la taxe éthique. Il s’agit d’une imposition additionnelle de 25% représentant l’intégralité des gains provenant d’activités jugées non éthiques.
La taxe éthique est en place depuis 2006, adoptée dans le cadre de la Manovra di Bilancio du gouvernement Berlusconi III. Elle ne se limite pas au contenu pornographique ; elle englobe aussi “des programmes télévisés incitant à la violence” et “des émissions visant à manipuler l’opinion publique”, allant des contenus pour adultes aux intermédiaires comme les cartomanciens.
En 2019, la taxe éthique a été étendue pour inclure le numérique. Debora Striani, membre de +Europa et des Radicali, explique : “Les créateurs sur OnlyFans se retrouvent à payer deux taxes. D’abord celles sur leurs revenus, puis cette imposition supplémentaire.”
Fonctionnement de la taxe éthique
Striani, en collaboration avec plusieurs créateurs d’OnlyFans, a lancé une campagne intitulée Stop Tassa Etica, visant à abroger cette imposition. Pourquoi maintenant ? Car, selon elle, la quantité de vérifications fiscales est en forte augmentation. Luiza Munteanu, créatrice sur OnlyFans, alerte sur les conséquences : “C’est un 25 % d’impôts sur le revenu, s’ajoutant aux taxes existantes, qui s’applique aux revenus du porno.”
Il est important de noter qu’il ne s’agit pas de tranches : c’est une flat tax fixe, peu importe le montant. Un autre point critique est la définition floue de cette taxe. Selon Striani, celle-ci peut englober tout type d’œuvre où apparaissent des actes explicites entre adultes consentants.
Cette définition suggérerait que les images de nudité avec un auteur seul ne seraient pas soumises à l’imposition. Cependant, les vérifications fiscales semblent cibler la totalité des recettes générées par OnlyFans. La situation oblige un employé des impôts à analyser chaque cas pour déterminer l’application de la taxe, un procédé pas nécessairement pratique.
Recettes pour l’État
Quel est le retour pour l’État de cette taxe éthique? Les résultats sont modestes. Une analyse de deux documents officiels montre que, pour 2020, les montants perçus sont de 2.424.315,36 euros. Pour 2024, les prévisions sont légèrement supérieures, atteignant 2.493.249,88 euros.
