La chute embarrassante du robot russe : ils ont dû le couvrir immédiatement d’une toile noire

La chute embarrassante du robot russe : ils ont dû le couvrir immédiatement d'une toile noire

Le lancement d’AIDOL, un robot humanoïde prometteur développé en Russie, a pris une tournure inattendue lors de sa première présentation à Moscou. Après quelques pas, le robot a perdu l’équilibre et est tombé, suscitant des commentaires sur les défis encore présents dans le domaine des robots autonomes.

MAXIM SHIPENKOV/EPA | La chute du robot

MAXIM SHIPENKOV/EPA | La chute du robot

La scène s’illumine, avec la musique de Rocky en fond. C’est ainsi que débute le spectacle d’AIDOL à Moscou, l’un des premiers robots humanoïdes à intelligence artificielle développés en Russie. La grande présentation prend rapidement fin, le robot perdant l’équilibre et chutant au sol. Les organisateurs, pris au dépourvu, recouvrent le robot d’un drap noir et l’emportent, mettant un terme à une démonstration qui devait marquer l’entrée de la Russie dans le domaine des robots humanoïdes.

Les androïdes prennent d’assaut les scènes des salons technologiques pour prouver leur capacité à imiter les humains. Dernièrement, Iron, un robot développé par Xpeng, a impressionné avec sa colonne vertébrale flexible, ses articulations dynamiques et ses muscles artificiels. L’incident de Moscou montre que, derrière le spectacle, la voie vers des robots réellement autonomes reste encore semée d’embûches. Cependant, chaque pas, même faux, fait partie du chemin.

Un début difficile pour AIDOL

Les organisateurs ont déclaré que la chute était due à des problèmes de calibrage et d’éclairage, des facteurs ayant affecté les capteurs d’équilibre du robot. “AIDOL est encore en phase d’apprentissage”, a déclaré Vladimir Vitukhin, directeur général d’AIDOL, à l’agence de presse d’État TASS. “Nous espérons que cette erreur deviendra une expérience utile pour notre développement.”

Sur le papier, AIDOL sait marcher, interagir avec les personnes, reconnaître des objets et communiquer en langage naturel. Les ambitions de ses développeurs sont élevées : créer un robot capable d’opérer dans des domaines allant de l’industrie automobile à la logistique, en passant par la santé et le divertissement. Parmi les caractéristiques techniques, on trouve une batterie offrant jusqu’à six heures d’autonomie, 19 servomoteurs pour les expressions faciales, et une “peau” en silicone capable de reproduire au moins 12 émotions de base et des centaines de micro-expressions. Un des points forts d’AIDOL est son visage réaliste, qui le distingue, mais accroît également la complexité technique.

La course mondiale aux robots humanoïdes

L’épisode d’AIDOL arrive à un moment où le secteur de la robotique connaît un grand dynamisme. En 2024, d’après les estimations de PitchBook, les investissements dans le domaine des robots humanoïdes ont dépassé 1,6 milliard de dollars, sans compter les milliards investis par Elon Musk et sa société Tesla pour développer Optimus, le robot présenté pour la première fois en 2021.

Apptronik a levé 350 millions de dollars pour augmenter la production de robots humanoïdes à des fins industrielles. En octobre, la startup chinoise Unitree a attiré l’attention avec son modèle H2, capable de pirouettes et de mouvements presque chorégraphiques. Des géants comme Boston Dynamics, Figure AI et Agility Robotics perfectionnent également leurs technologies pour commercialiser des robots capables de travailler aux côtés des humains. La présentation d’AIDOL, bien qu’entachée par sa chute devant les caméras, s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’une industrie tentant de transformer des prototypes impressionnants en solutions concrètes.