Pourquoi un code secret familial est la meilleure solution pour stopper les arnaques téléphoniques

Pourquoi un code secret familial est la meilleure solution pour stopper les arnaques téléphoniques

Les arnaques téléphoniques évoluent grâce à l’Intelligence Artificielle, rendant leur détection plus complexe. Pour se protéger, adopter une simple stratégie de sécurité familiale peut s’avérer extrêmement efficace. Ce système permet d’identifier rapidement une éventuelle fraude, offrant ainsi une couche de protection supplémentaire.

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Avec l’essor de l’Intelligence Artificielle, les escrocs ont également développé de nouvelles techniques. Les systèmes de clonage vocal et les logiciels de synthèse vocale rendent les fraudes téléphoniques de plus en plus difficiles à détecter. En se faisant passer pour des banquiers, des agents publics ou, dans de nombreux cas, des proches en détresse, les malfaiteurs peuvent imiter la voix d’un être cher avec une précision saisissante, capturant les tonalités, les inflexions et même les hésitations de la parole. Selon la journaliste Julie Jargon du Wall Street Journal, une méthode simple et efficace peut aider les citoyens – même ceux moins familiers avec la technologie – à se protéger contre ces arnaques high-tech: établir un mot de passe, partagé entre quelques proches, pouvant démasquer en quelques secondes la fraude.

Le « code familial » pour renforcer la sécurité

Le principe de cette stratégie est très simple. Si on reçoit un appel d’une personne prétendant être un proche en détresse, il est préférable de demander la « parole secrète » connue uniquement des membres de la famille immédiate (il est préférable de ne pas inclure des cousins éloignés ou des parents que l’on voit seulement à Noël). De cette manière, le mot de passe agit comme une clé de sécurité : si l’appelant ne peut pas le prononcer ou commence à fournir des réponses vagues, il vaut mieux raccrocher. De même, si un parent est réellement dans le besoin, il pourra l’utiliser immédiatement pour se faire reconnaître.

Comment choisir (et protéger) le mot de passe

Le mot de sécurité doit être facile à mémoriser, il n’est donc pas nécessaire d’avoir un code complexe ou imprononçable. Il est conseillé de choisir un mot facile à mémoriser mais difficile à deviner. Comme le souligne Jargon, les criminels peuvent en apprendre beaucoup sur nous via des recherches simples sur Internet ou en consultant nos profils sociaux. En publiant des photos ou des vidéos, nous fournissons souvent des informations telles que la plaque d’immatriculation de notre voiture, le nom de notre chat ou notre adresse : tous des éléments que les escrocs peuvent exploiter pour se faire passer pour des amis ou des proches (c’est pourquoi, surtout en ce qui concerne les enfants, il est crucial de ne jamais partager des images contenant trop d’informations identifiables). Il est donc préférable de choisir un mot qui soit intime et privé, comme le premier mot prononcé par un enfant ou une blague seulement comprise par un proche.

Une fois choisi, le mot de passe doit être soigneusement protégé. Ceux qui craignent de l’oublier peuvent le sauvegarder dans une application de gestion de mots de passe ou le noter sur un papier, à condition qu’il ne soit pas accessible à des regards indiscrets. Il ne doit certainement pas être affiché sur le réfrigérateur, avertit Jargon, ni à d’autres endroits où tout le monde peut le voir. La communication de ce mot devrait aussi être prudente, elle doit toujours se faire en personne ou par téléphone, jamais par message ou email.

Piano B : la question secrète

Si l’idée du « mot de passe familial » semble contraignante à mémoriser, vous pouvez aussi opter pour une variante où la parole secrète est remplacée par une question secrète à laquelle seulement les enfants, parents, grands-parents, oncles ou cousins proches sauraient répondre. Vince Martino, un expert en fraudes cité par le Wall Street Journal, propose d’utiliser des questions liées à des souvenirs communs, comme le nom de l’hôtel choisi pour des vacances familiales spécifiques ou un événement mémorable lors d’une célébration. En cas de doute – le fraudeur pourrait deviner une réponse peu approfondie – il est sage d’avoir aussi une question de secours.

Quand cela ne fonctionne pas et les erreurs à éviter

Il est évident que ce système n’est pas universel. Les personnes âgées ou celles souffrant de troubles cognitifs, comme la démence, peuvent ne pas se souvenir du mot ou hésiter à l’utiliser. Dans ces cas, d’autres précautions, telles que le blocage automatique des numéros inconnus ou l’adoption d’un profil privé sur les réseaux sociaux (empêchant ceux qui ne sont pas « amis » de voir les contenus partagés), sont conseillées. Il est également utile de « former » les membres de la famille moins familiers avec ces nouvelles arnaques aux dangers associés. Par exemple, si quelqu’un nous appelle en se faisant passer pour un parent ayant besoin d’aide urgente, il est bon d’envoyer un message ou d’appeler directement le membre de la famille qui serait en danger pour confirmer la situation.

Le code familial doit rester constant dans le temps. Le changer trop souvent risque de créer de la confusion, notamment chez les personnes âgées ou les plus jeunes. Un changement n’est nécessaire que si une personne extérieure le découvre ou si la composition familiale change (après un deuil, une naissance ou un divorce). Dans le cas contraire, il est préférable de maintenir la même constance.