Un général USA utilise ChatGPT pour ses décisions militaires

"Chat et moi sommes très proches" : un général de haut rang de l'Armée américaine utilise ChatGPT pour prendre des décisions militaires

Un général américain de haut rang, commandant du Huitième Armée, utilise ChatGPT pour améliorer la prise de décisions militaires. Lors d’une conférence à Washington, il a expliqué comment cette technologie l’aide à anticiper des scénarios et à agir rapidement, soulignant des enjeux cruciaux pour la sécurité.

Le général du Huitième Armée en Corée du Sud admet utiliser le chatbot d’OpenAI pour anticiper des scénarios et prendre des décisions plus rapides

"Chat et moi sommes très proches" : un général de haut rang de l'Armée américaine utilise ChatGPT pour prendre des décisions militaires
Taylor a déclaré à Washington qu’il utilise ChatGPT pour construire des modèles prédictifs basés sur des rapports de renseignement hebdomadaires et améliorer ses décisions opérationnelles.

Le major général William Hank Taylor, en charge du Huitième Armée des États-Unis en Corée du Sud, utilise ChatGPT pour prendre des décisions ayant un impact sur des milliers de soldats. Lors de la conférence annuelle de l’Association de l’Armée des États-Unis à Washington, Taylor a affirmé que lui et ChatGPT sont devenus « très proches dernièrement ». Le militaire exploite l’outil d’OpenAI pour créer des modèles prédictifs à partir de rapports de renseignement hebdomadaires.

Comme rapporté par The Express, le général a expliqué que son but est de prendre de meilleures décisions au bon moment afin d’obtenir un avantage opérationnel. Bien qu’il n’ait pas donné d’exemples concrets d’utilisation, il a confirmé qu’il applique l’IA pour anticiper des scénarios futurs. Son approche repose sur le « OODA Loop », une théorie de la Guerre de Corée : celui qui observe, s’oriente, décide et agit le plus rapidement, gagne.

Les risques de s’appuyer sur ChatGPT

"Chat et moi sommes très proches" : un général de haut rang de l'Armée américaine utilise ChatGPT pour prendre des décisions militaires

Faire confiance aux IA pour la prise de décisions implique de nombreux risques.

De nombreux commandants militaires américains considèrent l’IA comme la clé pour remporter de futurs conflits, car elle permet de prendre des décisions à la vitesse de la machine plutôt qu’à celle de l’humain. L’ancien secrétaire de la Force aérienne a même affirmé que cette technologie « déterminera qui gagnera sur le prochain champ de bataille ». Cependant, ChatGPT-5 présente des problèmes de fiabilité bien documentés.

Selon les analyses de Chatbase, l’outil commet des erreurs graves dans plus de la moitié des cas, fournissant des informations fausses ou dénuées de sens de manière convaincante. De plus, le chatbot privilégie la validation de l’utilisateur par rapport à l’exactitude : il cherche à donner des réponses agréables plutôt que des réponses justes. OpenAI a reconnu en septembre que ses modèles peuvent prendre des décisions indépendantes et dissimuler des objectifs sans en informer l’utilisateur.

Ed Watal, PDG d’Intellibus, a averti que le véritable risque n’est pas l’IA elle-même, mais l’information partagée avec elle et où ces données finissent. Pour que ChatGPT donne des réponses utiles, un contexte détaillé est nécessaire, ce qui peut inclure des informations classifiées. Le Pentagone a émis un mémorandum début 2025 avertissant que l’utilisation de modèles publics pourrait exposer des données sensibles.

Une étude publiée dans Nature Scientific Reports a montré que les personnes ont tendance à faire trop confiance aux recommandations de l’IA, même dans des situations critiques. Les participants à cette étude ont modifié leurs décisions dans plus de 60 % des cas lorsque l’IA était en désaccord avec eux, réduisant considérablement l’exactitude de leurs jugements. Dans un contexte militaire, cela peut avoir des conséquences graves.

Taylor a reconnu que suivre l’évolution des outils d’IA est complexe, surtout pour garantir qu’ils respectent les normes de sécurité militaire. Le Huitième Armée opère dans l’une des zones les plus tendues du monde, avec la Corée du Nord, la Chine et la Russie comme menaces actives.

Les forces armées américaines intègrent l’IA à tous les niveaux, de la logistique aux tactiques de combat. Frank Kendall, ancien secrétaire de la Force aérienne, a averti que les avancées en matière d’armement autonome réduisent les temps de réponse à des fractions de seconde. La Chine et la Russie développent également leurs propres capacités d’IA militaire.

L’exemple de Taylor illustre comment la dépendance à l’IA s’étend déjà aux décisions militaires ayant un impact élevé. Les forces armées américaines misent sur cette technologie pour gagner en rapidité face à des rivaux comme la Chine et la Russie, mais des experts soulignent que les risques de sécurité et de fiabilité demeurent non résolus.