J’ai comparé un lecteur CD sans DAC intégré à un modèle classique pour te simplifier la vie

J'ai comparé un lecteur de CD sans DAC intégré avec un traditionnel pour vous épargner le travail

Entre CD, DAC et transport, un espace s’ouvre vers une redécouverte fascinante du son. Des tests révélateurs montrent à quel point la séparation de ces éléments peut transformer l’écoute. Découvrez les résultats qui pourraient bien changer votre façon d’appréhender la musique numérique.

Séparer le transport et le DAC redonne au CD la dignité qu’il n’aurait jamais dû perdre : précision, impact et éclat difficile à égaler dans la plupart des systèmes intégrés

J'ai comparé un lecteur de CD sans DAC intégré avec un traditionnel pour vous épargner le travail
Le combo FiiO DM13 et K19 révèle le potentiel du format compact : une bonne gestion de la conversion numérique permet au CD de renouer avec l’ultra haute fidélité

Le CD semble actuellement être le vilain petit canard des formats audio. De nombreux consommateurs se tournent vers le vinyle, qui évolue vers un objet plus luxueux, tandis qu’une nouvelle génération s’intéresse au cassette, cherchant à reconnecter avec la musique dans un monde où le streaming prédomine. Le format créé par Sony semble se diriger vers une disparition inexpliquée.

Peut-être à cause de cette situation, les transports de CD connaissent un essor face à d’autres solutions. Ces appareils, comme le TEAC PD-507T, se consacrent exclusivement à la lecture de CD, les conversions numériques étant confiées à un DAC externe tel que le FiiO K13 R2R, avec des alternatives nombreuses disponibles.

Depuis des années, j’entends des avis sur les DAC externes, tant pour que contre. J’ai lu ici et là que l’utilisation combinée d’un transport de CD et d’un DAC pouvait paraître élitiste, comme les puristes de la classe A dénigrant celle de classe D. Ces assertions ont-elles un fondement ? Il se peut que les utilisateurs de classe A soient un peu prétentieux, mais le reste n’est pas si évident.

J’ai donc eu cette idée : utilisant un FiiO DM13 en tant que transport, un DAC externe FiiO K19, et une chaîne avec amplificateur de classe D et lecteur de CD intégré, une Teufel Kombo 62, j’ai décidé de les mettre face à face pour évaluer leurs performances.

Méthodologie de test

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Les disques ayant servi à ma comparaison

Il est important de préciser que je ne prétends pas avoir réalisé une analyse scientifique des équipements, ce n’était pas le cas. Il me manquait des outils de mesure pour extraire des données objectives et neutres. Je compte uniquement sur mes oreilles : elles ne sont pas impartiales, mais elles savent détecter les nuances. L’objectif est d’observer le comportement des équipements dans des conditions réelles.

J’ai utilisé les mêmes CD dans toutes les situations d’écoute, à savoir :

  • Metallica – Metallica (production dense, basses marquées, excellente adaptation entre plateformes)
  • The 11th Hour – Burden of Grief (production moderne, agressive, très propre et cristalline, particulièrement efficace sur amplificateurs classe D)
  • Warning – Watching from a Distance (son plus lo-fi, moins professionnel, viscéral et émotionnel)
  • Bolt Thrower – Honour. Valor. Pride (production très cohérente ; idéal pour mesurer densité et impact dans les basses)
  • Depeche Mode – Violator (synthpop d’une grande qualité, parfait pour tester les percussions 808 et le traitement des synthétiseurs)
  • Tangerine Dream – Phaedra (passages de synthèse denses ; idéal pour vérifier la séparation des instruments dans des couches diffusées)

Grâce à cela, je pouvais m’assurer de disposer d’une sélection de disques bien connus, couvrant différents genres afin d’évaluer si le son était affecté par le changement de source.

L’amplificateur de classe D de la Kombo 62 a été commun à tous les tests, qu’il ait été utilisé avec le CD intégré ou avec le transport et le DAC. Les enceintes utilisées étaient les mêmes : des Teufel Ultima 40. J’ai aussi fait un test avec le transport, le DAC et un amplificateur/récepteur Kenwood KR-V5080 en classe AB, mais la signature sonore de cet ampli ne permettait pas une comparaison valable — je l’expliquerai dans un autre article.

Les séances d’écoute n’ont pas été linéaires. J’étais assis devant mon point d’écoute, un carnet et un stylo en main pour prendre des notes, notant les timestamps et les reproduisant sur les lecteurs quand nécessaire. Je me suis souvent levé pour comparer comment différents instruments sonnaient dans diverses sections d’un morceau, percevant des différences notables.

En résumé, avec ce groupe de disques, j’ai mené une écoute la plus analytique possible dans les limites de mes capacités. Je me suis arrêté à de nombreux passages et suis revenu en arrière à chaque fois que quelque chose me semblait étrange, vérifiant si ce que j’avais entendu — ou ce que je pensais n’avoir pas entendu — était réellement présent ou si ma perception me jouait des tours. Prêts à avancer.

Transport + DAC : plus « froid » et précis, amélioration de l’impact et de l’éclat

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DAC FiiO K19 et lecteur FiiO DM13

Il est essentiel de préciser que pour utiliser un lecteur de CD comme transport, il doit disposer d’une sortie audio coaxiale ou optique et le DAC doit, bien sûr, posséder une ou plusieurs entrées de ce type. Pour moi, cela n’a pas été un problème, car le FiiO K19 dispose largement de ce qu’il faut.

Le véritable défi a été de configurer le DAC et le lecteur pour qu’ils communiquent, mais cela ne prend que cinq minutes si l’on sait où chercher. Une fois cela fait, et malgré un certain stress –on ne se refait pas–, nous avons lancé les sessions de lecture avec cette configuration.

Ma première constatation était que le duo transport + DAC préserve mieux les transitoires : les attaques sont plus nettes et l’impact, plus tangible. Les disques de The 11th Hour et Bolt Thrower ont particulièrement bien résisté à cette épreuve, offrant une scène sonore clairement définie. De fait, les productions plus modernes ont résonné avec force dans ce cadre.

Dans un contexte beaucoup plus transparent et chirurgical, Metallica a perdu une partie de ses médiums qui apportaient une certaine chaleur à l’enregistrement. Le Black Album vise une courbe de fréquences que l’on pourrait qualifier de « souriante » — basses et aigus présents, médiums en retrait — mais le fonctionnement du FiiO K19 accentue cette réduction des médiums.

Le doom languissant et atmosphérique de Warning a gagné en impact et en ampleur. Étrangement, l’écoute de Warning avec cette configuration est devenue une expérience bien plus intime et émotionnellement intense. Si une méthode parfaite pour apprécier Watching from a Distance comme album existe, celle-ci s’en approche.

Depeche Mode avec son synthpop sombre a trouvé une vie inattendue dans ce cadre. Les 808 sonnent très musicaux et en même temps très définis ; on ressent un mouvement interne qui invite à bouger. Policy of Truth et Enjoy the Silence se sont révélés particulièrement révélateurs à cet égard.

Avec Tangerine Dream, j’ai rencontré une scène sonore où les différentes couches de synthétiseurs s’empilent pour former un tout hypnotique. Séparer auditivement ces couches n’a pas été difficile, mais j’ai regretté un manque de définition. Le résultat est clair : le transport et le DAC accentuent le détail, mais ne peuvent compenser l’absence d’isolation physique et électrique d’un amplificateur dédié.

Lecteur de CD intégré : correct, mais manquant d’âme

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Minicadre Teufel Kombo 62

Contrairement à la configuration avec composants externes, le lecteur de CD intégré de la Teufel Kombo 62 présente deux avantages majeurs : il suffit d’insérer un CD pour écouter de la musique, sans même avoir à appuyer sur play, et son amplificateur de classe D sonne plutôt bien.

Achat d’un appareil comme celui-ci, c’est un peu comme pour des écouteurs Bluetooth : la commodité est primordiale. C’est pour cela que la Kombo 62 réussit dans tout ce qu’elle entreprend, mais comme on le sait, qui trop embrasse mal étreint. Autrement dit, parmi les nombreux points forts, elle ne brille pas particulièrement dans un domaine par rapport à une configuration dédiée.

Cela m’a amené à réaliser que ce système a un énorme inconvénient : étant un lecteur / amplificateur / streamer tout-en-un, il a beaucoup plus de mal à isoler les composants, ce qui se traduit logiquement par des compromis et des sacrifices.

Dans ce contexte, Metallica a retrouvé une partie de la chaleur que j’associe à cet album, mais… il manque de puissance dans les basses. Il y a un certain dynamisme, en tout cas auditivement, car on perçoit la force avec laquelle Lars Ulrich frappe sa batterie ; l’effort du musicien est plus notable – surtout dans les caisses – mais les basses semblent secondaires, pourtant essentielles. Ici, elles sonnent plates, sans tranchant.

En abordant The 11th Hour et Bolt Thrower nous faisons face au même problème. Dans le cas de The 11th Hour, la présence des guitares est même plus marquée à cause d’un petit boost médium, ce qui fait que la basse, très présente dans le mix, s’estompe par rapport à l’ensemble. Concernant Bolt Thrower, le coup de grosse caisse de Martin Kearns est perçu comme faible et sans impact. Il est présent, mais pas avec la puissance suffisante. C’est problématique quand on parle de Bolt Thrower.

Warning souffre énormément de cette configuration. À présent, une « rondeur » apparait dans les basses qui ne devrait pas être là. Le souci des grosses caisses demeure. Elles sonnent encore plus humaines – si c’est possible – mais il y a quelque chose dans la partie basse du spectre qui me dérange énormément. Ce n’est plus une écoute intime, mais une expérience boueuse, loin de l’intention originale du groupe.

Depeche Mode semble avoir fait un saut en arrière vers la fin des années 80 lorsqu’il passe par la Kombo 62, et je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne chose. Le problème de la percussion revient ; cela rappelle le son compressé d’une plateforme de streaming. Changer de morceau devient laborieux en raison des caractéristiques importantes perdues par la route.

Pour Tangerine Dream, le détail se perd par rapport à la configuration transport + DAC. La scène sonore reste identifiable et séparée, mais si la définition était déjà perfectible, elle est désormais encore plus faible. L’écoute est éloignée d’être désagréable, mais… il manque quelque chose. L’idée est bonne, mais la réalisation est optimisable.

Conclusions

Aspect Transport + DAC (DM13 → K19) CD intégré (Kombo 62)
Transitoires Agressivité plus marquée ; meilleur contrôle des coups rapides Contours plus doux ; moins de définition dans les passages exigeants
Graves / grosse caisse Impact et profondeur accrus ; meilleure articulation Impact contenu ; tendance à la « rondeur » dans les graves complexes
Mediums / guitares Équilibre et séparation ; médiums clairs sans voile Légère mise en avant des mediums qui renforce les guitares mais cache la basse
Scène / séparation Plans mieux définis ; couches discernables avec facilité Scène acceptable mais plus plate ; couches moins découpées
Détails / micro-détails Plus d’informations fines et textures audibles Bon niveau général, mais perte des micro-informations
Bruitage de fond Contexte plus « noir » ; moins d’interférences perçues Plus de bruit système dû à l’intégration de modules
Dynamique perçue Plage dynamique plus vive ; meilleur contraste Compression subjective ; coups forts moins dramatiques
Confort / utilisation Plus d’ajustements et de câbles ; nécessite configuration Maximale simplicité : insérer un CD et écouter

La prochaine fois que vous entendrez dire qu’il est absurde de séparer le lecteur de CD du DAC, faites-vous une faveur et ignorez cela. Je suis le seul à avoir constaté à quel point mes écoutes de CD se sont enrichies en essayant cette configuration, et comment le système intégré que j’avais ne répond plus à mes attentes.

C’est vrai que je n’ai pas pu faire une dissection scientifique des deux appareils – bien que cela m’aurait beaucoup plu – mais j’ai mis mes oreilles à l’épreuve pour discerner même la moindre variation. Et je sais que ce n’est pas une garantie, mais comme je l’ai mentionné, je ne me suis pas contenté de m’asseoir et d’écouter ; de nombreux déplacements vers le lecteur ont eu lieu pour réécouter des sections précises dans chaque configuration. J’ai pris de nombreuses notes et réalisé des comparaisons A/B. Et surtout, cela m’a causé quelques maux de tête. L’écoute analytique est un processus épuisant.

Ce que je retiens, c’est que la Teufel Kombo 62 dispose d’un amplificateur de classe D de grande qualité si elle reste dans son domaine d’utilisation. Je sais qu’elle n’est pas conçue pour cela, mais puisqu’elle permet de connecter au moins deux équipements externes par auxiliaire, votre chaîne de signal en bénéficiera assurément. En revanche, vos oreilles, elles, cela reste un sujet d’opinion plus qu’un fait établi.

Reviendrais-je à utiliser le lecteur intégré ? Pas dans ce cas précis. Vu ce que le transport + DAC m’offre, je vais utiliser cette configuration le plus longtemps possible. Ce constat me pousse aussi à envisager d’autres configurations – comme l’idée d’avoir autant de composants séparés que possible – mais ni moi ni mon portefeuille n’étions prêts pour ce changement.