Lorde fait les gros titres en soutenant la Palestine lors de son concert à New York, entraînant le retrait de sa musique d’Apple Music en Israël. Ce geste s’inscrit dans une mobilisation plus large, où plusieurs artistes choisissent de retirer leurs œuvres des plateformes en réponse à la situation à Gaza.

New York, Madison Square Garden. Lorde est sur scène pour son tour mondial Ultrasound. Tenant un micro, elle clame “Free f–king Palestine”. Quelques jours plus tard, ses albums disparaissent de Apple Music en Israël. Lorde a déjà manifesté son support à la cause palestinienne, ayant annulé un concert à Tel Aviv en 2017 pour appuyer le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions), qui encourage le boycott culturel d’Israël. Son dernier acte s’inscrit dans une mobilisation plus vaste où de nombreux artistes choisissent de retirer leurs œuvres des plateformes de streaming associées à Israël en réponse au génocide à Gaza.
Les Massive Attack font également partie de cette liste. Le groupe a annoncé avoir décidé d’abandonner Spotify pour protester contre les investissements de Daniel Ek, fondateur de Spotify, dans la start-up Helsing, spécialisée en intelligence artificielle pour la défense et la fabrication de drones, avions et sous-marins.
Le cas de Lorde et No Music for Genocide
Comme rapporté par le site israélien Ynet, depuis jeudi, le catalogue musical de Lorde est non disponible pour les utilisateurs d’Apple Music en Israël. Ses chansons demeurent toutefois accessibles aux États-Unis et dans d’autres pays. Il est probable que Lorde ait rejoint la campagne No Music for Genocide, qui regroupe plus de 400 artistes et labels souhaitant rendre leur musique inaccessible sur les plateformes de streaming en Israël.
« Cet acte tangible représente un pas vers l’honneur des demandes palestiniennes visant à isoler et à délégitimer Israël dans un contexte d’impunité mondiale. Le succès des boycotts culturels contre l’apartheid en Afrique du Sud prouve que notre créativité peut générer action et pouvoir. En agissant ensemble, nous renforçons la pression sur un mouvement global qui croît, » indique le site officiel de No Music for Genocide.
La grande guerre à Spotify
En parallèle, de nombreux artistes quittent Spotify pour protester contre les investissements de Daniel Ek dans des technologies militaires. Cette dynamique a débuté en juin avec le groupe indie Deerhoof qui a annoncé le retrait de sa musique de la plateforme. D’autres groupes comme Xiu Xiu, King Gizzard & the Lizard Wizard et Hotline TNT ont suivi. En septembre, la liste s’est élargie pour inclure d’autres noms de la scène alternative, tels que The Mynabirds, Kadhja Bonet et Young Widows.
“Nous ne voulons pas que notre musique contribue à tuer des personnes, ni que notre travail soit lié au développement de technologies militaires”, ont écrit les Deerhoof dans un communiqué. Actuellement, certains artistes sont encore visibles sur Spotify, mais certaines œuvres pourraient rester en raison de contraintes contractuelles.
En septembre, les Massive Attack ont aussi décidé de retirer leurs albums de Spotify. Bien que cette bataille soit actuelle et de niche, elle pourrait servir de tremplin pour transformer le rapport entre artistes, public et plateformes.
