OpenAI lance un site pour « se défendre contre le harcèlement légal d’Elon Musk »

OpenAI se défend du harcèlement juridique d'Elon Musk

OpenAI lutte contre une campagne de harcèlement présumée orchestrée par Elon Musk, cofondateur de l’entreprise. La société a lancé un microsite afin de partager documents et argumentations, soulignant ainsi les tensions croissantes entre les deux parties dans le domaine de l’intelligence artificielle.

La société derrière ChatGPT lance un microsite pour dénoncer un harcèlement présumé de la part d’Elon Musk

OpenAI se défend du harcèlement juridique d'Elon Musk
Elon Musk et OpenAI

Le conflit entre OpenAI et Elon Musk, l’un de ses cofondateurs, se déploie désormais au-delà des tribunaux. La société derrière ChatGPT a mis en ligne un microsite dans lequel elle accuse directement Musk d’engager une campagne de « harcèlement légal, médiatique et corporatif » à son encontre. Ce site vise à amener le débat public sur ce conflit dans le domaine numérique, qui est leur spécialité, pour influencer la perception publique de la situation.

OpenAI présente sa version sur le site « La vérité sur Elon Musk et OpenAI »

Le portail, intitulé La vérité sur Elon Musk et OpenAI, présente une chronologie d’emails, de documents et d’arguments légaux pour affirmer que Musk a déployé des tactiques de harcèlement pendant des mois -voire des années- contre eux. Parmi les accusations figurent des poursuites sans fondement, de la pression médiatique et un effort constant pour discréditer la réputation de l’entreprise en faveur de ses propres projets d’intelligence artificielle.

Bien que ce ne soit pas la première action de défense publique de l’entreprise, ce site revêt un aspect symbolique fort : il vise à documenter ce qu’ils considèrent comme une offensive calculée et à offrir une contre-narration à celle qu’Elon Musk cherche à imposer depuis ses plateformes. Parallèlement, OpenAI a déposé une contre-plainte pour concurrence déloyale et diffamation, soulignant que le fondateur de Tesla et SpaceX cherche à freiner leur avancée par le biais des litiges.

Une bataille légale sans fin

Le conflit trouve son origine dans xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle avec laquelle Musk concurrence directement OpenAI, fondée il y a un peu plus de deux ans et composée exclusivement d’anciens élèves de OpenAI, DeepMind, Google Research, Tesla et Twitter. De là, l’entrepreneur a accusé Altman et ses associés d’avoir recruté d’anciens employés de xAI pour voler des talents, des secrets industriels et interférer dans leurs affaires.

Et ce n’est pas tout : xAI a même traîné Apple et OpenAI en justice, les accusant de conspirer pour favoriser l’intégration de ChatGPT dans iOS -le système d’exploitation des iPhones et iPads- et de nuire à la visibilité de X et de Grok, leur chatbot concurrent, sur l’App Store officiel. Cependant, les deux entreprises ont catégoriquement nié ces affirmations et demandé le rejet de la cause.

En mars de cette année, un juge a rejeté l’une des demandes de Musk visant à stopper l’activité d’OpenAI, ce que le géant technologique a salué comme un support clé à son modèle. D’ailleurs, le 2 octobre, la société derrière ChatGPT a demandé à rejeter la plainte de xAI pour secrets commerciaux, la qualifiant de partie d’un « harcèlement continu » visant à paralyser ses progrès.

Une défense légitime ou de la propagande ?

Le lancement du microsite vise à renforcer l’image d’OpenAI en tant que victime d’un harcèlement injustifié, mais représente une stratégie risquée. Si le public ou les tribunaux estiment qu’OpenAI exagère ou manipule la situation, cette approche pourrait se retourner contre elle, alimentant ainsi l’idée que l’entreprise se soucie davantage de son image que de sa recherche.

OpenAI affirme qu’il ne s’agit pas d’une manœuvre marketing, mais de mettre en lumière un harcèlement systématique qui, selon elle, pourrait affecter son avenir. Ainsi, si elle parvient à établir ce récit de « victime », elle pourrait gagner le support de partenaires technologiques, d’investisseurs et d’utilisateurs en faveur d’un développement d’intelligence artificielle ouvert, responsable et compétitif.