Un récent rapport indique une forte résistance des employés anglais face aux demandes de retour au bureau à temps plein. Moins de la moitié des travailleurs seraient prêts à accepter une telle mesure, avec un refus plus marqué chez les femmes et les parents. Les préoccupations sur la flexibilité du travail sont plus que jamais au cœur des débats.
Une étude menée par des chercheurs du King’s College London (KCL) et de la King’s Business School a analysé plus d’un million de points de données issus de l’Enquête sur la Force de Travail (LFS) du gouvernement britannique et 50 000 réponses du Sondage sur les Arrangements et Attitudes au Travail (SWAA).
Le constat principal est la résistance croissante des travailleurs aux mandats de bureau rigides. Seulement 42 % des employés accepteraient de retourner au bureau à temps plein, en baisse par rapport à 54 % en 2022. Plus le télétravail dure, moins les personnes semblent enclins à y renoncer.
Entre début 2022 et fin 2024, le nombre d’individus prêts à chercher un nouvel emploi plutôt que de revenir au bureau full-time est passé de 40 % à 50 %. De plus, ceux affirmant qu’ils quitteraient immédiatement leur poste ont augmenté de 5 % à 10 %.
Les femmes étaient plus enclines que les hommes à quitter leur emploi plutôt que de retourner au bureau à plein temps : 55 % envisageraient de rechercher un autre travail, contre 8 % qui quitteraient immédiatement. Parmi les hommes, 43 % chercheraient un autre emploi et 8 % quitteraient sans préavis.

Les parents d’enfants d’âge scolaire ou plus jeunes montrent également une forte résistance aux mandats de retour au bureau à temps plein. À peine 33 % des mères d’enfants en bas âge accepteraient de revenir à temps plein.
L’étude révèle que les travailleurs noirs et issus de minorités sont les plus susceptibles de retourner au bureau à plein temps, ce qui pourrait refléter une inquiétude liée à la sécurité de l’emploi et à des discriminations en milieu de travail.
D’après les données du SWAA, un travailleur britannique sur quatre (25 %) rapporte travailler à distance trois jours ou plus par semaine, tandis que deux travailleurs sur cinq (40 %) travaillent à distance au moins une fois par semaine. Bien que les employeurs aient augmenté le nombre moyen de jours de télétravail de moins d’un jour par semaine en 2022 à environ 1,3 jour en 2024, la possibilité de télétravail à 100 % reste moins fréquente.
De grandes entreprises technologiques ont commencé à introduire le travail hybride après les confinements, exigeant de leurs employés de passer au moins trois jours au bureau chaque semaine. Bien que de nombreuses voix se soient élevées contre cette mesure, la plupart des personnes ont accepté, parfois à contrecœur, afin de conserver leur emploi.
Cependant, des entreprises telles que Google, Intel, Amazon, Nothing, et d’autres souhaitent désormais garder un œil sur leurs employés pendant tout leur temps de travail, impliquant un retour au bureau à plein temps. Des dirigeants comme Sergey Brin, qui prône une semaine de 60 heures, affirment que travailler au bureau améliore la productivité, mais des études montrent souvent le contraire.
