Broadcom, après l’acquisition de VMware en 2023, met en œuvre une stratégie controversée en envoyant des lettres de mise en demeure à ses utilisateurs, les avertissant qu’ils ne recevront plus de mises à jour ni de corrections de bugs sans un contrat de support actif. Les clients sous licence perpétuelle font face à des menaces pour les pousser vers des abonnements.
Après l’acquisition de VMware, Broadcom a rapidement transformé l’entreprise pour la centrer sur le profit, souvent au détriment de la relation client. La dernière manœuvre dans cette stratégie controversée consiste à envoyer des lettres de mise en demeure aux utilisateurs de VMware, les prévenant qu’ils ne bénéficieront plus de nouvelles mises à jour ou corrections de bugs si leur contrat de support n’est pas maintenu.
Broadcom souhaite inciter tous les clients de VMware possédant une licence perpétuelle à adopter un contrat basé sur l’abonnement, n’hésitant pas à froisser toute la base d’utilisateurs de VMware pour atteindre cet objectif. Des professionnels utilisant encore des produits VMware ont reçu récemment une nouvelle forme de lettre de mise en demeure, demandant de nouveaux contrats de support et menaçant d’une « enquête » active sur les systèmes des utilisateurs.
Ces lettres semblent cibler les clients de VMware qui avaient acquis une licence perpétuelle avant que Broadcom ne prenne le contrôle du géant de la virtualisation. Certaines organisations reçoivent des menaces parce qu’elles ont choisi de ne pas convertir leur licence précédente en abonnement, cherchant probablement des solutions alternatives ou refusant de céder aux demandes jugées déraisonnables de Broadcom.
La formulation utilisée par Broadcom dans ses lettres met l’accent sur les services de support officiel, qui ne sont plus disponibles si un produit logiciel a été acheté avec une licence perpétuelle. Par conséquent, Broadcom « demande » à ces clients de ne plus installer de nouvelles mises à jour des produits VMware, y compris les releases de maintenance, les versions mineures, les correctifs ou les mises à jour de sécurité. La seule exception porte sur les vulnérabilités zero-day pour vSphere 7.x et 8.x, lorsque les failles obtiennent un score CVSS supérieur ou égal à 9.0.

Broadcom considère désormais les correctifs et mises à jour comme faisant partie de ses services de support officiel, forçant ainsi les entreprises à payer pour pouvoir installer des mises à jour. Selon la société, appliquer un correctif sans un abonnement actif enfreint la licence du logiciel VMware et viole sa propriété intellectuelle, des motifs que Broadcom semble prêt à défendre en justice.
La situation s’est intensifiée avec la revendication du droit d’auditer les clients, visant à attraper quiconque installerait des correctifs officiels sur des logiciels sous licence perpétuelle sans un contrat de support actif. Les testeurs ont qualifié ces lettres de mise en demeure de « nastygrams », toutes signées par Mike Brown, le directeur général de Broadcom.
Dean Colpitts, CTO du fournisseur de services canadien Members IT Group, a déclaré à Ars Technica que certains clients avaient reçu la lettre de Broadcom peu après l’expiration de leurs contrats de support. Bien que quelques organisations aient riposté avec des équipes juridiques, cette tactique a semé la confusion au sein des communautés en ligne concernant les intentions de Broadcom.
Broadcom a montré à plusieurs reprises sa volonté d’imposer un modèle d’abonnement à la majorité des utilisateurs de VMware. L’entreprise a imposé des hausses de prix importantes et engagé des poursuites contre de grandes entreprises TIC refusant de payer pour de nouveaux contrats de support.
