« Au final, c’étaient les téléphones les coupables » : ce qui se cache derrière les vidéos du black-out en Espagne

« Au final, c’étaient les téléphones les coupables » : ce qui se cache derrière les vidéos du black-out en Espagne

Un blackout majeur a plongé une grande partie de l’Espagne, du Portugal et de la France dans le noir, déclenchant une vague d’émotions inattendues. Sur Instagram et TikTok, des vidéos montrent des habitants qui, au lieu de paniquer, ont partagé des moments de connexion humaine, transformant l’adversité en une leçon sur la vraie nature des liens sociaux.

Après la panique initiale provoquée par le blackout massif qui a touché l’Espagne et le Portugal le lundi 28 avril, de nombreuses vidéos ont circulé sur TikTok et Instagram montrant des personnes patientant ensemble jusqu’au retour de l’électricité. Certains dansent, d’autres chantent ou lisent un livre : l’interruption a été courte, mais elle a peut-être laissé une leçon.

INSTAGRAM | Captures vidéo devenues virales après le blackout en Espagne (de gauche à droite, photos de @ivan_sevilla, @grupolajaula, @sergipau)

INSTAGRAM | Captures vidéo devenues virales après le blackout en Espagne (de gauche à droite, photos de @ivan_sevilla, @grupolajaula, @sergipau)

« Finalement, le vrai problème, c’était le téléphone ». Sur Instagram et TikTok, les vidéos qui montrent la réaction des habitants au blackout qui a laissé l’ensemble de l’Espagne sans électricité se multiplient, avec des répercussions également au Portugal et en partie en France.

Au départ, la peur et le panique se sont installées. Soudain, tout s’est éteint : lumière, ordinateurs, réfrigérateurs, métro, trains, et même les feux de circulation. Les téléphones, encore allumés, se sont vite retrouvés sans réseau. Puis les batteries se sont déchargées, coupant des milliers de personnes du monde extérieur.

Mais le comportement qui a suivi n’est pas celui qu’on imaginerait en situation de crise nationale. Les personnes sont simplement restés où ils se trouvaient. En place publique, sur les rails ou les balcons, ils n’ont pas cherché à s’isoler chez eux. Ils ont choisi de partager ces heures d’attente ensemble. Des discussions ont émergé, certains ont sorti une guitare, d’autres des couleurs pour peindre, un paquet de cartes ou un livre pour lire, allongés dans l’herbe. « Quand la lumière s’éteint, la vie trouve d’autres façons de briller », pouvait-on lire dans de nombreux posts circulant sur les réseaux.

Un autre utilisateur écrivait : « La lumière s’en va et les personnes retournent à ce qui compte vraiment« , en illustrant avec une vidéo de Madrid où des foules chantent, dansent, ou simplement se sourient. Pas de filtres, pas de likes ni de critiques. Pour la première fois en longtemps, les regards se croisent hors écran, créant une ambiance de joie malgré la situation difficile.

La coupure n’a duré que quelques heures. Cette interruption a été gérée sans trop d’incidents ni conséquences graves. Personne ne nierait jamais, surtout pas ceux qui travaillent sur le web, que la technologie soit nuisible ou qu’on vivrait mieux sans, mais le désir de vraie socialisation physique, qui a grandi en Espagne sous cette contrainte, invite à réfléchir sur la notion de connexion. Qu’indique réellement ce terme pour nous et notre société ? Que voulons-nous qu’il représente ?

À présent, les personnes sont retournés au bureau ou à l’université, remplissent à nouveau le métro, la tête penchée sur leurs smartphones, mais peut-être gardent-ils en mémoire ce moment. Ce passage vers un passé proche mais oublié a pu laisser une leçon : le bonheur ne se trouve pas dans la solitude, peu importe le nombre de followers sur les réseaux sociaux.