Le blackout massif qui a frappé l’Espagne, le Portugal et une partie de la France a dévoilé une dépendance profonde aux systèmes de navigation numérique. Sans Google Maps, de nombreux citadins ont éprouvé de grandes difficultés à s’orienter et à retrouver leur chemin, soulignant l’impact technologique sur notre quotidien.
Le blackout majeur survenu hier en Espagne, affectant aussi le réseau électrique du Portugal et d’une partie de la France, est maintenant résorbé. Survenu vers 12h30 lundi 28 avril, cet arrêt de l’électricité a plongé la population dans un état de panique pendant près d’une journée entière, provoquant des ruées dans les supermarchés et un arrêt total des transports publics.
La cause exacte reste inconnue, le seul organisme ayant avancé une explication est le Redes Energéticas Nacionais (Red), évoquant un « phénomène atmosphérique rare ». Cet incident met en lumière l’importance grandissante de la technologie dans notre vie quotidienne. Même pour des gestes simples comme choisir le bon trajet en ville, il est légitime de s’interroger : sans Google Maps, serions-nous capables de nous orienter efficacement ?
« La vérité, c’est qu’on est perdus »
Hier, des centaines de personnes, anxieuses et désorientées, ont tenté de quitter Madrid pour regagner leur domicile. Le dysfonctionnement des transports publics et les bus bondés les ont souvent contraints à marcher à pied. La distance n’était pourtant que l’un des nombreux obstacles.
Au milieu de cette foule en fuite, un journaliste d’El País a croisé trois jeunes gens, peinant à déchiffrer une grande carte de Madrid, relique d’une époque précédant l’avènement des smartphones. Leurs téléphones, déchargés et impossibles à recharger à cause du blackout, ont empêché José Morales (27 ans), Rosa Briceño (23 ans) et Jamila Fakir (26 ans) de s’orienter. José a admis : « On a toujours utilisé Google Maps, la vérité c’est qu’on est perdus », en cherchant à identifier Legazpi, une station de métro.
Dépendance accrue à la technologie
Les smartphones et les GPS sont devenus omniprésents dans notre quotidien depuis plusieurs années. Ils sont désormais incontournables pour tout déplacement, y compris à l’intérieur des villes, parfois même pour aller du domicile au bureau. Mais que se passerait-il si, brutalement, comme en France hier, ils devenaient inacessibles ? Tout deviendrait nettement plus complexe. Ce blackout offre une mise en perspective frappante, particulièrement si une tempête géomagnétique de classe G5, aussi intense ou plus que l’« Événement de Carrington » de 1859, devait se produire.
Conséquences de Google Maps sur notre sens de l’orientation
De nombreuses recherches ont déjà illustré les risques liés à la dépendance envers les outils numériques pour notre sens de l’orientation. Dès 2015, le Royal Institute of Navigation (RIN) de Londres alertait sur la perte progressive de la capacité à s’orienter avec les méthodes traditionnelles, y compris l’utilisation des cartes géographiques.
À l’époque, Roger McKinlay, président du RIN, parlait d’une société « anesthésiée par les logiciels », s’inquiétant pour les jeunes générations où l’apprentissage se limite souvent à appuyer sur des boutons pour rechercher un itinéraire. La plupart des individus n’ savent ni lire une carte ni utiliser une boussole. Selon Peter Chapman-Andrews, directeur du RIN, le défi n’est pas de rejeter la technologie, mais de l’utiliser intelligemment en évitant surtout qu’elle prenne la place de la réflexion.
