Une nouvelle initiative du Royaume-Uni vise à explorer la geo-ingénierie pour contrer les effets du changement climatique. Malgré les controverses, le financement de petites expériences sur les aérosols pourrait ouvrir la voie à des solutions innovantes face à une crise environnementale croissante.
Une agence gouvernementale britannique, l’Advanced Research and Invention Agency (ARIA), s’apprête à annoncer des expérimentations visant à tester l’hypothèse selon laquelle la modification des nuages de la Terre peut aider à atténuer les effets du changement climatique. Cette agence affirme examiner la geo-ingénierie avec une grande prudence, bien que de nombreux experts considèrent ce domaine comme une distraction potentiellement dangereuse dans la lutte contre le réchauffement climatique.
ARIA prévoit d’investir 50 millions £ (66,5 millions €) pour financer diverses petites expériences en extérieur afin d’explorer les effets de la dispersion d’aérosols dans les nuages. Au cours des dernières décennies, plusieurs propositions ont théorisé que les aérosols pourraient éclaircir les nuages, les rendant capables de réfléchir davantage de lumière solaire et ainsi de refroidir la planète.
Les détails concernant ces expériences seront révélés dans les semaines à venir, y compris les dates et durées précises des tests en extérieur. ARIA veillera également à ce que les effets soient réversibles et à éviter la libération de substances toxiques.

Si les expériences s’avèrent concluantes, les experts estiment qu’elles pourraient être mises en œuvre à plus grande échelle dans une décennie. ARIA prévoit également de financer des expériences en intérieur, de nouvelles études de modélisation climatique, des initiatives de surveillance et des études pour mesurer l’opinion publique sur la geo-ingénierie.
Les opposants craignent que la modification artificielle de l’atmosphère puisse entraîner des effets secondaires inattendus, pouvant impacter les précipitations et l’agriculture. Cependant, les partisans soutiennent que des expérimentations sont nécessaires pour évaluer les résultats potentiels et faire avancer le débat sur la geo-ingénierie au-delà de la théorie.
Il existe peu de preuves physiques pour justifier l’investigation de cette stratégie. Les substances émises par les navires, les aéronefs et les éruptions volcaniques ont déjà éclairci certains nuages, provoquant un léger refroidissement. D’autres méthodes de geo-ingénierie incluent l’épaississement des glaciers polaires pour augmenter l’albédo terrestre, la promotion de la croissance des algues dans l’océan ou l’utilisation d’écume de mer, mais certaines ont rencontré de vives tests.
D’autres suggèrent que mentionner des méthodes de geo-ingénierie non prouvées pourrait donner des excuses politiques pour ralentir ou suspendre les réductions des émissions. L’année dernière a été la plus chaude jamais enregistrée, battant le record établi l’année précédente et dépassant 1,5 °C au-dessus des températures préindustrielles – la limite fixée par l’accord climatique de Paris. Les scientifiques conviennent qu’une réduction drastique des émissions est nécessaire pour prévenir les pires effets du changement climatique, mais certains estiment que le moment est venu d’explorer des mesures radicales.
