Les récentes évolutions judiciaires ont permis aux messages numériques, notamment ceux de WhatsApp, de prendre une place prépondérante comme preuves acceptées. Une affaire civile a illustré ce changement, où un simple screenshot a suffi à inverser une décision, soulignant l’importance croissante des communications électroniques dans les procès.
Au cours des dernières décennies, les preuves numériques ont pris un rôle central dans les procédures judiciaires. Les documents physiques, les témoignages oraux et les preuves matérielles ont été complétés par des e-mails, des discussions, des enregistrements audio, des métadonnées, de la géolocalisation et des technologies blockchain. À présent, les captures d’écran de WhatsApp peuvent être utilisées comme preuves documentaires.

Il semblait s’agir d’un cas civil ordinaire entre un particulier et une entreprise de menuiserie. Le client n’avait payé qu’un tiers du montant convenu, l’entreprise demandait que les accords soient respectés et que le particulier règle la totalité du service. Le Tribunal de Pavia a d’abord donné raison au client, n’ayant en effet pas de preuves confirmant les accords de paiement, mais la Cour d’appel de Milan a renversé le jugement. Tout cela grâce à un message sur WhatsApp.
Un screenshot de la facture présenté comme preuve a confirmé que les accords initiaux n’avaient pas été respectés par le client. Ainsi, pour la première fois, la valeur probatoire de la messagerie numérique WhatsApp a été reconnue dans les affaires civiles. Les captures d’écran peuvent donc être utilisées comme preuves documentaires, sauf contestation de leur authenticité.
Comment fonctionnent les screenshots
Avec l’ordonnance 1254/2025, la Cour de cassation a reconnu la valeur probatoire de WhatsApp dans les affaires civiles. Les messages WhatsApp sont des documents électroniques juridiquement pertinents même s’ils ne sont pas signés. Ils rentrent donc dans la catégorie des reproductions informatiques prévues par l’article 2712 du Code civil. Ils ont donc pleine efficacité et peuvent être légitimement acquis par simple reproduction photographique. Il est cependant nécessaire de vérifier la provenance et l’attendabilité des captures d’écran ; des preuves accessoires comme des métadonnées, des e-mails de confirmation, des extraits de serveur ou des enregistrements notariés peuvent s’avérer fondamentaux.
De plus, afin que WhatsApp soit considérée comme une preuve valide, non seulement l’appareil doit être identifiable mais aussi attribué à une personne précise, de plus, la capture d’écran ne doit pas être manipulée. Enfin, elle ne doit pas être contestée par la partie adverse ; si son authenticité est remise en question, la capture d’écran peut ne pas être considérée comme valide.
L’évolution des preuves numériques
Au cours des dernières décennies, les preuves numériques ont acquis un rôle central dans les procédures judiciaires. Par exemple, l’article 20 du Code de l’administration numérique (CAD) a permis aux documents informatiques d’avoir la même valeur probatoire que ceux en papier, à condition qu’ils respectent des critères spécifiques d’authenticité. Les documents physiques, les témoignages oraux et les preuves matérielles ont été complétés par des e-mails, des discussions, des enregistrements audio, des métadonnées, de la géolocalisation et des technologies blockchain. Ces preuves sont plus facilement modifiables, d’où la nécessité d’évaluer leur authenticité. C’est pourquoi l’informatique judiciaire a pris un rôle central dans la vérification des preuves numériques.
Différentes décisions judiciaires ont progressivement reconnu la valeur probatoire des preuves numériques. Le tribunal de Milan a validé en 2016 un e-mail sans signature numérique qui n’avait pas été contesté. En 2018, le tribunal de Rome a utilisé un post Facebook comme preuve de diffamation en ligne. À présent, les captures d’écran de WhatsApp peuvent également être utilisées comme preuves documentaires.
