Mark Kelly, ancien astronaute et sénateur, a riposté aux accusations d’Elon Musk concernant les astronautes « abandonés » sur la Station Spatiale Internationale. Son défi a suscité le support de la communauté spatiale, mettant en lumière les contradictions du magnat et les véritables enjeux derrière ces affirmations. Le débat s’intensifie.
Le sénateur et ex-astronaute de la NASA a réagi aux accusations infondées du magnat sur les astronautes « abandonnés » dans l’ISS avec un défi qui a généré du support auprès de la communauté spatiale

L’ancien astronaute et actuel sénateur Mark Kelly ne mâche pas ses mots en défiant Elon Musk sur son propre terrain. Kelly a réagi fermement après que le magnat a prétendu que l’administration Biden avait « abandoné » intentionnellement des astronautes dans la Station Spatiale Internationale pour des raisons politiques, une accusation qui a considérablement irrité plusieurs astronautes en activité.
Kelly a été direct sur X, la plateforme appartenant à Musk : « Quand tu auras le courage de monter dans une fusée, viens nous parler ». Un défi qui reflète la frustration de ceux qui ont réellement été en orbite face aux propos de quelqu’un qui n’a jamais quitté le sol.
L’espace n’est pas un terrain de jeu pour des combats d’arrière-cour
Hey @ElonMusk, when you finally get the nerve to climb into a rocket ship, come talk to the three of us. https://t.co/9BOL1FQOZp
— Captain Mark Kelly (@CaptMarkKelly) 21 février 2025
Tout a commencé lorsque Musk a déclaré sur Fox News que les astronautes Suni Williams et Butch Wilmore étaient « abandonnés » dans l’ISS en raison des caprices politiques du gouvernement Biden. Andreas Mogensen, actuel commandant de la Station Spatiale Internationale et astronaute de l’ESA, l’a contredit publiquement avec un succinct : « C’est un mensonge ».
La réponse de Musk a été de traiter Mogensen de « retardé » et « d’idiot ». L’astronaute Scott Kelly s’est défendu en décrivant son collègue comme « l’une des personnes les plus honnêtes » qu’il connaisse, rejoignant ainsi le chœur des voix critiques contre les déclarations du magnat.
Ce que Musk omet commodément, c’est que Williams et Wilmore avaient prévu leur retour depuis plusieurs mois. La NASA avait déjà convenu en septembre 2024 qu’ils rentreraient sur Terre en mars 2025 à bord d’un vaisseau SpaceX, après avoir détecté des problèmes dans les propulseurs de la capsule Starliner de Boeing.
Ce conflit numérique se produit alors que SpaceX a obtenu un contrat juteux d’un milliard de dollars pour désorbiter l’ISS en 2026, avançant la destruction prévue de quatre ans à 2030. Avoir un pied dans l’entreprise privée et un autre dans le gouvernement est une combinaison qui soulève des soupçons, même parmi les plus naïfs.
Pour couronner le tout, Musk critique la NASA tout en faisant la promotion de son entreprise xAI avec le lancement de Grok 3, se vantant de surpasser GPT-4 avec ses 200 000 GPU. La cohérence ne semble pas être son point fort.
Le ridicule de la situation est que les astronautes soi-disant « abandonnés » étaient arrivés à l’ISS à bord d’une nave Starliner de Boeing pour une mission de huit jours, mais des défaillances techniques ont empêché leur retour. Et maintenant, ce sera précisément SpaceX qui viendra à leur rescousse. Un retournement de situation pratique pour les affaires de Musk.
Une des caractéristiques de Musk est son double discours. Un jour, il avertit que l’IA est « la plus grande menace pour la civilisation », et le lendemain, il lance la promotion de Grok 3 de manière tonitruante. Cette contradiction flagrante est devenu sa marque de fabrique, passant de « nous allons tous périr » à « achetez mon produit » sans même sourciller.
Les astronautes, normalement focalisés sur la science et éloignés des controverses, ont dû réagir à des accusations sans fondement qui ont déjà créé des divisions sur les réseaux sociaux. Le défi de Mark Kelly met en lumière qui risque réellement sa vie et qui parle depuis le confort de son bureau.
Williams et Wilmore continuent de travailler dans l’ISS. Leur mission de huit jours s’est transformée en un séjour de neuf mois, loin du tumulte médiatique et des tweets incendiaires. A 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, ils ont peut-être la perspective qui nous fait défaut ici-bas.
