Bill Gates, engagé dans la lutte contre le changement climatique, plaide pour des solutions technologiques innovantes plutôt que pour des mesures traditionnelles comme la reforestation. Son approche pragmatique suscite à la fois admiration et controverse, alors qu’il met en avant l’importance de repenser nos méthodes face à cette crise mondiale.
Le magnat mise sur l’innovation technologique pour freiner le changement climatique et rejette des solutions telles que la reforestation

Au cours des deux dernières décennies, Bill Gates a émergé comme une figure clé dans la lutte contre le changement climatique, étant en effet l’un des axes centraux de son activité actuelle. En tant que fondateur de l’entreprise d’investissement climatique Breakthrough Energy et donateur régulier de diverses initiatives, y compris 10 millions par an à l’entreprise de capture de carbone Climeworks, ses opinions sur le sujet suscitent toujours de l’attention.
En septembre 2023, lors de la « Semaine du Climat » des Nations Unies à New York, Bill Gates a de nouveau souligné l’importance de l’innovation pour faire face à la crise climatique sans céder à l’alarmisme excessif. Comme souvent, ces déclarations ont été bien accueillies par ceux qui louent son approche pragmatique, mais ont également suscité des controverses chez ceux qui estiment que sa confiance dans les solutions technologiques minimise l’urgence actuelle de réduire les émissions.
Bill Gates remet en question les solutions faciles contre le changement climatique : « Sommes-nous des scientifiques ou des idiots? »
Le magnat américain a été très catégorique en qualifiant de « complète absurdité » les stratégies basées uniquement sur la plantation d’arbres, une mesure jugée insuffisante pour aborder l’ampleur du problème mondial du changement climatique, du moins selon son point de vue. Gates est convaincu que la solution nécessite des approches plus innovantes, comme le découverte d’énergies propres et des systèmes de capture de carbone, et plaide également pour le développement d’alternatives économiques aux produits qui engendrent la déforestation, tels que l’huile de palme.
Ce scepticisme découle de récentes études comme celle du MIT (Institut de Technologie du Massachusetts), qui indique qu’un milliard d’arbres ne pourraient éliminer que 6 % des émissions nécessaires d’ici 2050. Ainsi, la position du fondateur de Microsoft s’oppose à des projets comme celui de son collègue Marc Benioff, cofondateur de Salesforce, qui prévoit de planter un milliard d’arbres d’ici la fin de la décennie, ainsi qu’aux 1 500 millions en subventions pour la reforestation urbaine incluses dans la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) aux États-Unis.
Selon Bill Gates, le changement climatique ne signifie pas la fin du monde, mais représente plutôt un défi qui affecte principalement les individus, et non la planète elle-même. Sa plus grande préoccupation est l’impact sur l’approvisionnement alimentaire mondial, car le réchauffement climatique complique la culture des aliments dans les zones équatoriales, augmentant ainsi la malnutrition de la population. Néanmoins, il est persuadé que l’humanité trouvera des solutions technologiques pour atténuer ses effets, comme le rapporte le magazine américain Fortune.
Un des points essentiels de son discours était la transition énergétique. Gates estime que la fin de l’ère du pétrole et du gaz est proche, car les émissions atteindront leur maximum avant de diminuer, bien qu’il avertisse que la température mondiale continuera d’augmenter tant que l’élimination massive du carbone ne sera pas mise en place. De plus, il souligne le potentiel des véhicules électriques et propose de remplacer des matériaux tels que l’acier et le ciment par des alternatives durables qui n’augmentent pas les coûts, en particulier dans les pays à revenu moyen, responsables de 60 % des émissions mondiales.
Enfin, l’ancien directeur exécutif de Microsoft reconnaît que la transition vers une économie verte ne sera ni facile ni immédiate. Les taxes sur le carbone pourraient être un outil utile pour financer de nouvelles technologies, bien que leur mise en œuvre politique soit complexe, il lance donc un message clair et direct : la crise climatique est un sujet sérieux, mais pas insurmontable, et nous avons les moyens de l’affronter si nous misons sur l’innovation technologique.
