La relation compliquée entre les adolescents et la technologie : 93% pensent qu’ils devraient changer leurs habitudes

La relation complexe entre les adolescents et la technologie : 93 % estiment qu'ils devraient adapter leurs habitudes

Un récent rapport souligne l’augmentation préoccupante de l’addiction des adolescents espagnols aux smartphones. Alors qu’une majorité des jeunes reconnaît la nécessité de modifier leurs habitudes numériques, les experts recommandent des mesures concrètes pour encourager un usage plus sain et responsable de la technologie.

Près de 40 % des adolescents espagnols estiment qu’ils devraient consacrer plus de temps aux activités sportives et éviter de dormir à proximité d’un appareil numérique

La relation complexe entre les adolescents et la technologie : 93 % estiment qu'ils devraient adapter leurs habitudes
Les adolescents espagnols reconnaissent qu’ils sont accros à leur smartphone

L’augmentation de la dépendance aux téléphones mobiles chez les adolescents est une réalité dont nous sommes tous conscients. En réponse, le gouvernement espagnol a pris des initiatives pour remédier au problème. Par exemple, il a été récemment annoncé qu’une nouvelle loi de protection des mineurs obligera les fabricants de téléphones à intégrer une application de contrôle parental. De plus, le Comité d’experts en jeunesse et enfance a publié un rapport élaboré par 50 spécialistes, contenant 107 mesures précises pour réduire l’utilisation des mobiles par les jeunes.

Un nouveau sondage mené auprès de milliers d’adolescents espagnols démontre qu’ils sont également conscients de cette problématique, car 93 % d’entre eux estiment qu’ils doivent modifier leurs habitudes vis-à-vis des téléphones.

Les adolescents espagnols sont conscients de leur dépendance croissante au smartphone

Récemment, la Fondation Orange, l’ONG ‘Save the Children’ et la société de recherche sociale et de communication GAD3 ont publié une étude intitulée « Enfance et adolescence dans des environnements numériques ». Ce rapport est le fruit de discussions avec 17 experts et de plus de 2 500 entretiens avec des parents, des adolescents, des enseignants et le grand public « pour comprendre les opportunités, les risques et les défis auxquels font face les jeunes dans cette nouvelle ère numérique ».

Sans conteste, l’une des conclusions majeures de cette étude, que vous pouvez télécharger via le lien Google Drive fourni, est que les adolescents réalisent leur dépendance au smartphone, puisque 93 % d’entre eux pensent qu’ils devraient changer leurs comportements concernant le temps d’écran.

Interrogés sur les actions à entreprendre pour réduire leur utilisation du mobile, 54 % des adolescents estiment qu’il est essentiel de diminuer leur temps de connexion, 39 % affirment qu’ils devraient consacrer plus de temps aux activités sportives, tandis que 34 % pensent qu’éviter de dormir près d’un appareil numérique les protégerait de la tentation de vérifier leur téléphone pendant la nuit.

Concernant la manière dont ils utilisent leur temps en ligne, plus de 90 % des adolescents interrogés rapportent que leurs principales activités consistent à discuter avec leurs amis, regarder des vidéos ou des séries et jouer à des jeux en ligne.

Cet étude révèle également que les plus jeunes sont conscients des effets négatifs d’un usage excessif de leur smartphone, tels que des troubles du sommeil, une baisse de performance scolaire ou le sédentarisme, entre autres.

Cependant, 14 % des adolescents admettent que leurs parents passent davantage de temps sur leur smartphone et sur les plateformes numériques qu’eux, avec une moyenne de 4 à 5 heures par jour. Certains parents interrogés reconnaissent ne pas être un bon exemple pour leurs enfants en matière d’utilisation de la technologie.

Au regard de ces données, le rapport recommande aux parents d’« évaluer leur propre comportement, car il est impossible de promouvoir un usage conscient et sain de la technologie par les jeunes sans un exemple cohérent de la part de leur famille ».

S’agissant des risques numériques et de leur perception, l’étude révèle que 62 % des jeunes comprennent bien quel type d’informations ils partagent sur les plateformes numériques et que près de la moitié des jeunes interrogés (46 %) se sentent préoccupés par l’empreinte numérique laissée par leurs activités en ligne. Ils estiment devoir réduire leur auto-exposition et mieux sélectionner le contenu partagé sur leurs profils sociaux.

Parmi les résultats les plus inquiétants de ce rapport, on trouve que près de la moitié des adolescents interrogés ont reçu des messages de personnes inconnues, que 13 % ont subi des insultes, du harcèlement ou des menaces en ligne, et que 28 % des enseignants ont été témoins de telles situations. Parmi ceux qui admettent avoir été agressés, la majorité choisit simplement de bloquer la personne ou le compte responsable. 24 % déclarent l’avoir signalé à leurs parents, tandis que 13 % n’ont pris aucune mesure.

Pour conclure, sur la base des avis des experts consultés, le rapport propose plusieurs recommandations visant à établir un usage responsable de la technologie au sein des familles. La première consiste à « réviser certains comportements numériques dans la famille, tant chez les parents que chez les adolescents », ce qui implique de définir des horaires d’utilisation, de limiter les temps d’écran, de privilégier les activités sans technologie et d’éviter d’utiliser les dispositifs numériques comme des jouets.

La seconde recommandation soulève « la nécessité de réfléchir à la vie privée des jeunes, tant pour les données partagées par les parents (sharenting) que pour celles diffusées par les adolescents sur leurs réseaux sociaux ». Quelques conseils à ce sujet incluent de garder les comptes en mode privé, d’éviter de partager des informations sensibles telles que la localisation et l’adresse du domicile ou de l’établissement scolaire, et de ne pas engager de discussions avec des inconnus.