IBM a franchi une étape décisive dans le domaine de l’intelligence artificielle en développant une technologie permettant de traiter des données à une vitesse incroyable. Grâce à l’utilisation de la lumière, ce nouveau système pourrait réduire considérablement le temps nécessaire pour entraîner des modèles d’IA, tout en améliorant l’efficacité énergétique.
IBM développe une technologie optique révolutionnaire qui permet de traiter des données jusqu’à 80 fois plus rapidement que les systèmes actuels

Un avancement technologique est sur le point de transformer la manière dont les modèles d’intelligence artificielle sont entraînés. IBM a réalisé un exploit majeur en matière de connectivité en créant un système qui utilise la lumière au lieu de l’électricité pour transmettre des données dans les centres de traitement, permettant ainsi d’entraîner des modèles d’IA jusqu’à cinq fois plus rapidement.
Cette innovation, présentée par IBM dans son laboratoire de recherche, repose sur une nouvelle technologie appelée optique co-emballée (CPO). Le système promet de transformer radicalement l’entraînement des IA, réduisant le temps nécessaire au développement d’un modèle de langage large (LLM) de trois mois à seulement trois semaines.
Un bond quantique dans le traitement des données
La technologie actuelle des centres de données utilise des câbles en cuivre pour les communications internes, ce qui crée des bottleneck (goulots d’étranglement) empêchant les processeurs GPU de fonctionner pleinement. Ce problème s’ajoute à la préoccupation croissante concernant l’utilisation de l’IA pour entraîner des modèles futurs, ce qui pourrait mener à des conséquences imprévisibles.
Le nouveau système d’IBM résout ces bottleneck (goulots d’étranglement) en mettant en œuvre des guides d’onde optiques polymériques (PWG) qui permettent de transmettre des térabits de données par seconde. Cette amélioration de l’efficacité arrive à un moment crucial, alors que des entreprises comme OpenAI soulignent l’impossibilité d’entraîner des IA sans contenu protégé par des droits d’auteur, un débat toujours ouvert dans l’industrie.
Cette innovation non seulement augmente la vitesse de traitement, mais réduit également considérablement la consommation énergétique. Le système consomme cinq fois moins d’énergie que les connexions électriques actuelles, ce qui équivaut à la consommation annuelle de 5 000 foyers américains pour chaque modèle d’IA entraîné. Une efficacité qui contraste avec les controverses sur l’utilisation des données, comme l’amende infligée à Google en France pour avoir utilisé des nouvelles sans autorisation pour entraîner son IA.
Les chercheurs ont réussi à intégrer six fois plus de fibres optiques sur le bord d’une puce photonique en silicium par rapport à la technologie actuelle. Chaque fibre, d’un diamètre trois fois supérieur à celui d’un cheveu humain, peut transmettre des données sur des distances allant de quelques centimètres à plusieurs centaines de mètres.
La durabilité a été un aspect crucial dans le développement. Les modules ont démontré leur résistance lors de rigoureux tests de stress, prouvant leur robustesse dans des environnements à forte humidité et à des températures extrêmes, allant de -40°C à 125°C. Il a également été vérifié que les interconnexions optiques peuvent être pliées sans se casser ni perdre de données.
Ce développement s’inscrit dans une série d’innovations dans le domaine des semi-conducteurs, comme la technologie des puces de 2 nanomètres et les transistors à nano-feuilles. Les prototypes ont été assemblés et testés dans l’installation d’IBM à Bromont, au Québec, l’un des plus grands centres d’assemblage et de test de puces en Amérique du Nord.
