Affaire Margaret Spada : le chirurgien dévoile les signes d’alerte avant de réserver une opération

Meurt à 22 ans après une opération du nez : les dangers de la chirurgie à bas prix promue sur les réseaux sociaux

Une récente tragédie a ravivé le débat sur la chirurgie esthétique. À l’issue d’une procédure de rhinoplastie, une jeune femme est décédée, suscitant des interrogations sur la sécurité des pratiques en vogue sur les réseaux sociaux. Ce drame illustre l’importance de choisir des spécialistes qualifiés pour éviter des conséquences fatales.

Il est toujours nécessaire de se tourner vers un spécialiste en chirurgie plastique reconstructive et esthétique, c’est-à-dire un médecin qui, après l’obtention de son diplôme, a suivi une formation supplémentaire de cinq ans dans une École de Spécialisation en chirurgie plastique reconstructive et esthétique. De plus, un professionnel pressé doit susciter des soupçons.

Entretien avec Maurizio Ressa

Président de la Société Italienne de Chirurgie Plastique Reconstructive-régénérative et Esthétique

Image

Le 7 novembre, Agata Margaret Spada, 22 ans, est décédée après une intervention de rhinoplastie. Elle avait trouvé le centre de médecine esthétique sur TikTok et réservé l’opération. La Procure a ouvert un dossier pour homicide involontaire à l’encontre de deux médecins, père et fils, Marco Procopio et Marco Antonio Procopio. Les causes du décès ne sont pas encore claires, avec des hypothèses comprenant une cardiopathie congénitale, d’éventuelles allergies aux substances administrées, et des soins de réanimation tardifs. Les résultats des examens médico-légaux devront être attendus pour obtenir des réponses.

L’affaire Spada a déclenché une réflexion sur la chirurgie esthétique à bas coût promue sur les réseaux sociaux et sur les centres illégaux qui mettent en danger la santé des patients. Selon les données fournies par les carabiniers du Nas, 793 établissements, dont des centres esthétiques et des cabinets médicaux esthétiques, ont été contrôlés en 2022, avec 110 établissements sanctionnés. Sur 125 établissements de chirurgie esthétique et plastique contrôlés en 2024 en Italie, la moitié a été jugée illégale. Pour mieux comprendre les risques des interventions esthétiques et comment identifier les cliniques autorisées et fiables, nous avons interrogé Maurizio Ressa, président de la Société Italienne de Chirurgie Plastique Reconstructive-régénérative et Esthétique (SICPRE).

L’affaire Margaret Spada soulève de nouveaux doutes sur les risques de la chirurgie plastique. Les interventions sont-elles sous-estimées par les patients ?

Il semble qu’en analysant certains cas et leurs conséquences, la chirurgie esthétique soit perçue comme “esthétique” et non comme “chirurgie”. C’est pourquoi nous rappelons toujours, en tant que SICPRE, qu’il s’agit d’interventions chirurgicales véritables, à aborder avec le même sérieux que d’autres types de chirurgie. La communication joue également un rôle dans ce contexte.

Pouvez-vous préciser ?

Le choix de mots tel que “injections” et “retouches” contribue à véhiculer l’idée de procédures non invasives et sans risques, semblables à une coupe de cheveux.

Les réseaux sociaux jouent-ils un rôle dans ce processus ?

Certainement, bien qu’ils ne doivent pas être diabolisés. En Italie et dans le monde, les réseaux sociaux sont utilisés par des institutions officielles et des professionnels sérieux et compétents et sont devenus un moyen de communication incontournable aujourd’hui. Les utilisateurs devraient également accéder à des contenus médicaux et esthétiques avec une dose appropriée de sens critique : qui transmet ce message ? Dans quel but ? Est-ce une source fiable ?

Simultanément, les médecins qui communiquent sur les réseaux doivent adhérer aux principes qui régissent leur communication dans tous les domaines : décorum, éthique, prudence, sérieux… un ensemble de valeurs que nous avons clairement formulées dans un addendum au Code Éthique de la SICPRE.

Concernant les réseaux sociaux, le centre choisi par Spada avait justement été mentionné sur TikTok. Quels sont les dangers de choisir des interventions aussi délicates sur les plateformes ?

Les réseaux sociaux sont une vitrine, mais il ne faut pas s’arrêter là. Le conseil de la SICPRE est toujours de rencontrer le professionnel avant l’intervention et d’explorer tous les détails : sa préparation et son expérience, les caractéristiques de la structure où l’intervention aura lieu, les éventuelles complications et comment le professionnel les gérerait. Après cette rencontre, le patient potentiel doit avoir le temps de réfléchir et, s’il le souhaite, de faire une ou plusieurs rencontres pour clarifier d’autres éventuels doutes. Une consultation effectuée peu avant l’intervention est absolument déconseillée.

Comment choisir une intervention de ce type ?

Comme mentionné précédemment, le “défaut” de considérer la chirurgie esthétique comme une non-chirurgie constitue un problème. Pour revenir sur ce concept, la première étape consiste certainement à parler avec son médecin, en exposant le problème et en écoutant ses conseils.

Y a-t-il beaucoup de centres non autorisés en Italie qui mettent en danger la santé des patients ?

La réponse est sans conteste, oui, il y en a visiblement.

Avez-vous des données ?

Non, nous n’avons pas de données officielles sur ces centres.

Comment distinguer une clinique fiable d’un centre potentiellement dangereux ?

Une structure fiable, qu’il s’agisse d’un cabinet de chirurgie, d’un hôpital de jour ou d’une clinique privée, possède avant tout l’autorisation régionale. Il est important de rappeler que chaque région détermine les exigences et les caractéristiques de chaque structure (évidemment, les différences ne sont pas flagrantes). Cela parce que l’autorisation est délivrée lorsque tous les dispositifs, médicaments et équipes nécessaires à la garantie de la sécurité maximale sont en place.

Et quels sont les signaux d’alarme ? Par exemple, une clinique mal équipée.

Lorsque l’on parle de “raccourcis”, comme des interventions réalisées en quelques minutes, sans cicatrices et à bas coût, tout cela doit susciter des doutes, comme nous l’avons évoqué. Par définition, la chirurgie implique des incisions et des sutures, donc des cicatrices. En ce qui concerne le prix, le patient doit savoir qu’une structure autorisée, donc sûre, dispose de dispositifs, de matériaux, de médicaments et de personnel. Cela influence logiquement le coût final. Le désir d’économiser peut donc entraîner des risques très graves.

Quels conseils donneriez-vous à un patient souhaitant subir une opération de chirurgie plastique ?

Se tourner toujours vers un spécialiste en chirurgie plastique reconstructive et esthétique, c’est-à-dire un médecin qui, après son diplôme, a suivi une formation de cinq ans à l’École de Specialisation en chirurgie plastique reconstructive et esthétique. Cette formation permet de maîtriser les techniques et de posséder les compétences nécessaires pour faire face aux éventuelles complications.

Il est également important de ne pas se précipiter, ni d’un côté, ni de l’autre. Le patient doit avoir le temps de recueillir toutes les informations, de comparer, de réfléchir, car la chirurgie esthétique est une chirurgie de convenance, donc elle n’implique pas de caractère d’urgence. Un professionnel qui insiste pour opérer rapidement doit donc susciter des doutes. Enfin, il est essentiel de vérifier les diplômes sur le site de la Fédération des médecins, FNOMCEO.