Elon Musk a créé Grok, mais maintenant celle-ci l’accuse de diffuser des rumeurs

Elon Musk a créé Grok, mais maintenant ce dernier l'accuse de propager des fausses informations

La nouvelle IA d’Elon Musk, Grok, confrontée à l’ironie de ses révélations, soulève des questions sur la désinformation. En dénonçant les pratiques douteuses de son créateur, elle remet en cause la crédibilité de ses affirmations, tout en révélant les lacunes de la plateforme X dans la lutte contre les fake news.

Musk veut contrôler la vérité sur la plateforme qu’il a acquise pour faciliter des discours et personnages controversés, mais son propre chatbot semble avoir d’autres objectifs

Elon Musk a créé Grok, mais maintenant ce dernier l'accuse de propager des fausses informations
Grok, l’IA avec laquelle Elon Musk cherche à attirer des fonds et des investissements pour X

Elon Musk est de nouveau au cœur d’une controverse concernant la propagation de désinformation. Son intelligence artificielle, Grok, a été programmée non seulement pour offrir des réponses directes et, selon Musk, “sincères”, mais a également mis en lumière certaines des pratiques douteuses de son créateur, qui fait preuve d’une grande crédulité.

Dans un retournement de situation ironique, Grok a désigné Musk comme une figure largement responsable de la diffusion de fausses informations et de théories du complot sur X, la plateforme anciennement connue sous le nom de Twitter. Ainsi, le chatbot remet en question l’éthique de l’entrepreneur, qui permet et, dans de nombreux cas, amplifie les informations erronées diffusées à des millions d’utilisateurs.

L’ironie de Grok : le “vrai” Musk et sa relation avec la vérité

Comme l’indiquent les rapports de Futurism, Grok a répondu à des questions sur le comportement de Musk en révélant qu’il a promu de la désinformation sur des sujets critiques, tels que les élections. En s’appuyant sur des exemples précis, Grok souligne que Musk a relayé des déclarations fausses, notamment des vidéos manipulées et des accusations infondées touchant aux processus électoraux.

Cela inclut des messages partagés par Musk concernant des activités présumées dans des bureaux de vote au Venezuela, alors qu’il s’agissait en réalité d’un vol ordinaire. La réponse du chatbot constitue non seulement une critique directe à l’égard de Musk, mais met également en lumière l’inefficacité des outils de lutte contre la désinformation de X, dont le système Community Notes n’a pas réussi à contenir la propagation de ces messages à temps. Connaissant le magnat sud-africain, il est même facile d’en douter.

Il est pour le moins ironique que Grok, un projet de Musk et l’un des derniers développements de X, se retourne contre lui-même en révélant l’ampleur du problème de désinformation qu’il alimente. Musk, toujours en train de se vanter de son désir de sincérité et de “liberté d’expression” sur les réseaux sociaux, a effectué un virage inattendu.

Elon Musk a créé Grok, mais maintenant ce dernier l'accuse de propager des fausses informations

Elon Musk est mis en lumière par ses dernières décisions

Alors qu’il se vante que son chatbot est un “chercheur de vérités dérangeantes”, il semble ignorer que cette “vérité dérangeante” le concerne également. Grok indique que les fausses informations de Musk sur des points d’intérêt public ne circulent pas seulement massivement, mais atteignent considérablement l’audience de sa plateforme, avec un effet alarmant, contribuant ainsi à la polarisation politique dans un contexte de crise de confiance vis-à-vis des médias. Cette IA générative, soit dit en passant, dispose aussi d’un modèle payant grâce auquel Musk tente d’attirer des fonds et des investissements vers une X de plus en plus moribonde.

Il est impossible d’ignorer la relation entre Musk et certains courants de l’extrême droite américaine. Un homme qui soutient fréquemment des figures comme Donald Trump et des idées nationalistes extrêmes, semble se contredire en ne parvenant pas à empêcher que sa plateforme, soit disant neutre, ne devienne un terreau de désinformation.

Musk a utilisé son influence pour promouvoir des “vérités” qui favorisent certains mouvements de la droite radicale, tout en renforçant des narrations de haine et de xénophobie. La réalité est que, malgré les promesses de transparence et de “vérité” que Musk fait aux utilisateurs, Grok a prouvé que X, sous sa direction, reste un environnement où les fausses informations se propagent sans contrôle, et souvent depuis le propre compte de l’homme d’affaires.

Plus ironique encore, ce chatbot “sincère” utilise également les données des utilisateurs pour s’entraîner, sans que beaucoup d’entre eux soient conscients de la mesure dans laquelle leurs informations personnelles sont utilisées pour améliorer le modèle d’IA, même s’ils ont dû céder en Europe. C’est une autre paradoxe dans la stratégie de Musk : alors qu’il promet un réseau social basé sur la liberté, son chatbot se nourrit de la vie privée de ses propres suiveurs.