Les médecins se font retirer l’appendice quand ils voyagent en Antarctique. Bien que cela puisse sembler terrifiant, cela a beaucoup de sens

Les médecins se font retirer l'appendice lorsqu'ils voyagent en Antarctique. Bien que cela puisse sembler terrifiant, cela a beaucoup de sens

Dans un environnement aussi isolé que l’Antarctique, la sécurité des membres d’équipage repose sur des décisions extrêmes, comme l’ablation de l’appendice pour les médecins. Une mesure sans précédent, mais cruciale pour faire face à des urgences médicales dans un lieu où la communication et l’évacuation sont presque impossibles pendant l’hiver.

La raison de cette mesure est loin d’être anodine

Les médecins se font retirer l'appendice lorsqu'ils voyagent en Antarctique. Bien que cela puisse sembler terrifiant, cela a beaucoup de sens
Vue aérienne de la base McMurdo des États-Unis | Image : Wikimedia

Bien que très peu de vie réussisse à s’épanouir dans le continent inhospitalier qu’est l’Antarctique, de nombreuses bases humaines sont établies pour mener des travaux scientifiques ou s’efforcer de ralentir le phénomène de fonte des glaces. Il n’est donc pas surprenant que des esprits brillants se rassemblent sur ces installations, certaines temporaires, d’autres permanentes. Cependant, de nombreux pays exigent une condition essentielle pour les médecins qui souhaitent y travailler : se faire retirer l’appendice.

Un risque tangible

Les bases de l’Antarctique font face à de grandes difficultés pour maintenir un contact constant avec l’extérieur. Pour certaines d’entre elles, il est impossible d’entrer en communication durant l’hiver, ce qui signifie que la vie se déroule exclusivement au sein d’une communauté restreinte. En général, durant la période hivernale, un seul médecin est présent dans chaque station, et il n’est donc pas inhabituel de demander leur ablation de l’appendice, car leur expertise conditionne la vie des scientifiques et spécialistes présents sur ces sites.

Selon le site officiel de l’Australie sur l’Antarctique, on peut lire le message suivant :

Une des questions les plus fréquentes que les personnes posent est : est-il nécessaire pour les expéditions de se faire retirer l’appendice avant de partir vers le sud ? La réponse est non. Cependant, les médecins qui passent l’hiver sur les bases australiennes de l’Antarctique doivent effectivement subir cette intervention, car généralement, il n’y a qu’un seul médecin sur place durant l’hiver et l’évacuation pour recevoir des soins médicaux en Australie est impossible pendant une partie de l’année.

Cette exigence s’appuie sur des expériences vécues. En 1961, un médecin australien a souffert de cette affection alors qu’il travaillait sur une base en Antarctique. Bien qu’il ait survécu, le processus d’évacuation a été extrêmement pénible.

Ce n’est pas une situation isolée, puisque en 1968, un médecin soviétique, Leonid Rogozov, a dû s’opérer lui-même pour une péritonite survenue en Antarctique. Éveillé, il a dû procéder à une chirurgie d’urgence sur une table d’opération improvisée. La photo qui en résulte est emblématique de cet événement singulier et véritable. Ce n’est pas le seul cas d’autochirurgie observé, même si c’est exceptionnel, il n’est pas impossible de le réaliser. Toutefois, le fait qu’il ait été le seul médecin sur sa base rend cet épisode d’autant plus marquant.