Le nouvelles directives de l’AgCom visent à renforcer la protection des mineurs sur Internet en imposant la vérification de l’âge pour accéder à des contenus potentiellement nocifs. Désormais, les plateformes devront s’assurer que leurs utilisateurs ont plus de 18 ans, offrant diverses méthodes d’identification pour garantir la sécurité et la confidentialité.
L’AgCom n’a pas précisé quels documents devront être présentés pour vérifier l’âge. Le règlement accepte tout système respectant les paramètres de sécurité, d’efficacité et de confidentialité.

Jusqu’à présent, quiconque pouvait accéder à des sites pornographiques, des plateformes de jeux d’argent et de paris d’un simple clic. Y compris les mineurs. Il suffisait de cliquer sur « oui » dans la fenêtre « Vous confirmez que vous êtes majeur » qui apparaît automatiquement sur la page. Désormais, l’Agcom (Autorité garante des communications) a défini le nouveau règlement sur la vérification de l’âge, qui devra être approuvé par la Commission européenne.
L’Agcom fournit uniquement des lignes directrices, laissant aux plateformes le soin de décider comment contrôler l’âge des utilisateurs. Parmi les options : le Spid, la carte d’identité électronique, des applications pour l’identification numérique, et aussi le IT Wallet, le portefeuille numérique prévu pour 2025.
Comme l’a expliqué le commissaire de l’AgCom : “Les sites pour adultes devront s’assurer (vraiment) que leurs utilisateurs ont plus de 18 ans”. Ainsi, un utilisateur souhaitant accéder à un site pornographique, de paris ou de jeux d’argent devra confirmer son âge avec un document.
Le nouveau règlement fait suite à la loi sur les services numériques, dans l’Article 28, qui réaffirme la nécessité de protéger les mineurs du risque de « s’être blessés durant leur développement physique, mental et moral ». Par conséquent, les plateformes devront prêter plus d’attention à la vérification de l’âge.
Comment fonctionnera la vérification de l’âge
Le nouveau règlement s’applique aux plateformes offrant des contenus potentiellement dangereux ou nuisibles pour les mineurs. En tête, les sites pornographiques, de paris ou de jeux d’argent, mais le nouveau règlement pourrait également s’appliquer aux sites de streaming vidéo, aux médias sociaux ou aux jeux en ligne contenant des contenus inappropriés. Comme l’a expliqué Capitanio : “L’Agcom évaluera l’éventuelle extension des critères à tous les types de contenus et services pouvant nuire au développement physique, mental ou moral des mineurs”.
L’AgCom n’indique pas quels documents devront être présentés pour vérifier l’âge. Le règlement accepte tout système respectant les critères de sécurité, d’efficacité et de confidentialité. Ces systèmes doivent également être accessibles et simples d’utilisation, surtout pour les mineurs, explique l’Agcom.
L’Autorité a envoyé le règlement à l’Union pour qu’il soit examiné et évalué en fonction des normes européennes. La vérification de l’âge devrait entrer en vigueur en 2025.
Que se passe-t-il aux États-Unis
Pour mieux comprendre l’impact que le nouveau règlement aura, il faut se tourner vers les États-Unis. En janvier 2023, en Louisiane, la loi House Bill N. 142 est entrée en vigueur, selon laquelle tous les sites contenant au moins un tiers de contenus pornographiques sont obligés de demander une pièce d’identité aux utilisateurs.
L’introduction de la vérification de l’âge en Louisiane a entraîné une chute de 80% du trafic sur les portails qui l’ont mise en place. La cause n’est pas claire. D’un côté, il pourrait y avoir eu une diminution du trafic apportée par des adolescents, et de l’autre, les utilisateurs majeurs pourraient avoir décidé de ne pas utiliser un portail demandant une vérification d’accès.
Solomon Friedman, fondateur de la société canadienne de capital-investissement Ethical Capital Partners qui a acquis Pornhub, a critiqué les nouveaux systèmes de vérification de l’âge. « En Italie, une direction est prise vers ce que nous appelons ‘l’âge gating’, c’est-à-dire un système de contrôle lié à une limite d’âge pour l’accès imposé sur chaque site pour adultes », a-t-il expliqué dans une interview à Netcost-security.fr, « nous pensons que la solution réside dans une technologie existante aujourd’hui, avantageuse sous plusieurs aspects, qui lie la vérification de l’âge à la racine, depuis l’appareil, et non sur un site spécifique.”
