Le búnker de St. Pauli, emblématique vestige de la Seconde Guerre mondiale, témoigne des atrocités du régime nazi. Transformé en un espace de vie moderne, il allie mémoire historique et écologie. Ce lieu se révèle désormais être un point d’intérêt, entre jardin suspendu et centre culturel, rendant hommage à son passé tout en se projetant vers l’avenir.
Le dictateur nazi a préparé une série de défenses à travers le pays, dont le bunker de St. Pauli

Durant la Seconde Guerre mondiale, le régime nazi dirigé par Hitler a terrorisé le monde entier et anéanti des millions de personnes en raison de leur confession religieuse, de leurs origines, ainsi que de leurs tendances religieuses ou sexuelles. Le dictateur allemand a été l’un des artisans des idéologies totalitaires, dont une bonne partie a débouché sur la Seconde Guerre mondiale. Pour cette raison, il a construit d’énormes édifices à travers son territoire, comme des tours anti-aériennes pratiquement indestructibles. Sa vie et celle de son régime ont été largement documentées dans des films et des documentaires qui suscitent beaucoup d’intérêt. Cependant, les blessures de son mandat demeurent visibles tant en Allemagne que dans une grande partie de l’Europe.
Même en France, pays qui est resté non-belligérant – bien qu’il ait soutenu Hitler économiquement et militairement – nous trouvons des plaques dorées dédiées aux prisonniers qui ont été déportés vers ses camps d’extermination et de travail forcé. En conséquence, en Allemagne, cette empreinte est encore plus marquée, et cela se reflète même dans ses structures, dont beaucoup sont encore présentes dans le pays. Parmi elles, un bunker construit dans le quartier populaire de St. Pauli, à Hambourg.
Une nouvelle vie pour une création de l’horreur
Connu sous le nom de Flakturm IV, il a été construit en 1942 avec de la main-d’œuvre esclave. L’idée était de protéger les résidents du quartier des bombardements alliés, de plus en plus fréquents au fur et à mesure que la guerre tournait en défaveur du dictateur. Il pouvait accueillir jusqu’à 18 000 personnes, mais ce chiffre a réellement dépassé 25 000 durant les moments les plus durs de la guerre.
Pauli Bunker Hamburg’s St. Pauli Bunker reopens with lush rooftop gardens.https://t.co/uZ5ZKNzNBy pic.twitter.com/TySkXHgDM0
— ParametricArchitecture (@parametricarch) 29 août 2024
La structure en béton est restée debout après la guerre, ses travaux de destruction auraient été très coûteux, étant donné qu’elle a été conçue pour être indestructible. Pour cette raison, une manière de lui redonner vie a été cherchée et finalement trouvée : en construisant des jardins suspendus sur son toit.
Selon New Atlas, après la guerre le bunker est devenu un centre d’art, mais il a maintenant bénéficié d’une rénovation ambitieuse qui en a fait un espace polyvalent très intéressant. C’est un espace plein de végétation, avec de jolis restaurants et un parc à son sommet. Cinq nouveaux étages ont été ajoutés pour permettre une utilisation à des fins sociales multiples et environ 23 000 nouveaux arbres et plantes ont été plantés dans le bunker pour créer une zone verte qui est gratuite pour tous les visiteurs.
Cela dit, y parvenir peut être un défi, car l’accès se fait en montant 335 marches ou il est également possible de marcher le long d’un joli sentier sur environ 560 mètres. Cela permet de donner une intention naturelle à l’endroit.
L’irrigation et le drainage contrôlés par température gèrent l’écoulement de l’eau de pluie et la stockent pour en faire un usage efficace, garantissant que le projet de l’édifice soit écologique. Il s’agit d’un projet qui a coûté au total 100 millions d’euros, mais qui reste très intéressant.
D’autre part, il est également notable que ce bunker a été transformé en centre d’interprétation historique, où l’on peut en apprendre davantage sur les crimes du nazisme et sur l’impact de ceux-ci sur St. Pauli.
