Le enjeux du travail à distance continuent de susciter de vifs débats dans le monde professionnel. Une étude récente dévoile des préférences marquées des employés pour le travail à domicile, tout en abordant les implications sur la productivité et le bien-être. Les résultats soulignent l’importance d’un environnement adapté pour maximiser les bénéfices du télétravail.
Un communiqué récent mené sur 2.300 employés a montré que plus de 97 % souhaiteraient continuer à travailler depuis chez eux, au moins en partie. En moyenne, les employés sont prêts à accepter une réduction de salaire de 5 % pour 2-3 jours de travail à domicile. Le travail flexible présente des avantages évidents, mais pas seulement.

Le travail à distance est arrivé du jour au lendemain. Avec la pandémie de Covid-19, les travailleurs se sont retrouvés devant un ordinateur, vêtus de pantalons de pyjama, assis dans leur fauteuil à la maison. Puis, comme cela a commencé, cela a pris fin. Les entreprises ont rappelé leurs employés au bureau, les grandes entreprises technologiques ont menacé ceux qui ont essayé de prolonger le travail à distance, même des entreprises comme Zoom ont décidé d’abandonner le télétravail. Après cette expérience, on peut se demander : le travail à distance est-il efficace ? Comme c’est souvent le cas, la réponse n’est pas unique, mais une nouvelle étude publiée sur Plos One tente de clarifier les choses.
« Le travail à domicile (WFH) est devenu plus populaire après la pandémie de COVID-19. Un débat est en cours concernant les implications de productivité du WFH, mais le climat physique du bureau à domicile a reçu peu d’attention », explique Martijn Stroom, auteur de la recherche avec ses collègues de l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas. « Cette étude examine la relation entre l’environnement de travail à domicile, y compris le matériel disponible (par exemple, ordinateur, chaise, etc.), mais aussi les conditions environnementales (par exemple, qualité de l’air, température, etc.) et les mesures auto-évaluées de satisfaction au travail, de productivité et de tendance au burnout ». En d’autres termes, la productivité pourrait dépendre de l’environnement domestique.
L’étude menée par les chercheurs
Comme l’expliquent les chercheurs, le passage du bureau de travail au bureau à domicile doit être accompagné d’une conception attentive et d’investissements dans la qualité du bureau et de son climat. En général, ceux qui travaillent à distance sont plus satisfaits, à condition que leur domicile soit adéquat.
« Nous avons interrogé plus de 1.000 personnes néerlandaises« , expliquent les chercheurs. Les résultats montrent qu’une bonne ventilation, l’absence de bruit et le matériel adéquat sont nécessaires pour pouvoir travailler depuis chez soi. Si les conditions sont appropriées, alors le travail à distance se révèle être un atout. « Le climat physique de la maison-bureau joue un rôle clé dans la productivité du travail à distance. Il est probable que des bureaux différents entraînent une disponibilité différente à travailler de chez soi et au succès pendant le télétravail ».
Avantages et inconvénients du travail à distance
Un communiqué récent de Buffer mené sur 2.300 employés a montré que plus de 97 % souhaitent continuer à travailler depuis chez eux, au moins en partie. En moyenne, les employés sont prêts à accepter une réduction de 5 % de leur salaire pour 2-3 jours de travail à domicile. « L’autonomie perçue semble être l’un des principaux facteurs de ces effets positifs : le degré auquel les employés peuvent choisir un lieu et un horaire pour travailler, indépendamment de leurs superviseurs, influence à la fois l’intensité du travail à domicile, et les performances professionnelles, le burnout mental ainsi que la dévotion au travail, même pendant la pandémie », expliquent les chercheurs.
Travailler à domicile présente des avantages évidents, mais pas seulement. Un sondage réalisé par State of the Work en 2022 a révélé que, parmi 2.000 personnes interrogées, 45 % pensent que la croissance de leur carrière sera à risque s’ils choisissent de travailler à distance. De plus, l’isolement professionnel pourrait avoir des répercussions psychologiques et créer des problèmes de communication au sein des équipes de travail.
Enfin, selon une étude menée par les chercheurs Alan Felstead et Golo Henseke, publiée dans Wiley, les travailleurs à distance risquent de tomber dans la « théorie de l’échange social » : ils travaillent plus, plus longtemps et effectuent des heures non rémunérées pour justifier leur liberté de travailler depuis un lieu de leur choix. Ainsi, les travailleurs compensent la perception qu’ils pourraient travailler moins quand ils ne sont pas surveillés.
