"Centres de données dans l’espace" un concept qui pourrait réellement fonctionner

Data centers in space is a concept that could actually work, study finds

Orienté vers l’avenir : Les centres de données, au cœur de tout ce qui est numérique, sont également d’énormes consommateurs d’énergie et d’eau. Même si l’industrie a mis en place des pratiques d’exploitation plus durables, elle ne touche pas aux avantages écologiques offerts par une autre idée : les centres de données fonctionnant dans l’espace. Une nouvelle étude européenne révèle que non seulement ce concept est techniquement réalisable, mais qu’il pourrait également générer à terme un retour sur investissement significatif.

La demande de centres de données est en plein essor, en grande partie grâce à l’explosion de l’intelligence artificielle. Malheureusement, cette croissance s’accompagne d’une pression énorme sur les approvisionnements et les ressources énergétiques. Les centres de données réagissent en mettant en œuvre de nouvelles technologies pour réduire la consommation d’énergie nécessaire pour alimenter et refroidir leurs serveurs. Cependant, une initiative va beaucoup plus loin – dans l’espace, pour être précis.

Thales Alenia Space, une joint-venture entre les sociétés Thales et Leonardo, spécialisées dans l’aérospatiale et la défense, vient de dévoiler l’étude ASCEND (Advanced Space Cloud for European Net zero emissions and Data royalty) qui examine la faisabilité des centres de données spatiaux. L’un des avantages est immédiatement apparu : les centres de données spatiaux n’auraient pas besoin d’eau pour les refroidir.

« L’idée [is] « de prélever une partie de la demande énergétique des data centers et de les envoyer dans l’espace afin de bénéficier d’une énergie infinie, qui est l’énergie solaire », a expliqué Damien Dumestier, responsable du projet.

L’étude a comparé les impacts environnementaux des centres de données spatiaux et terrestres et a exploré si l’exploitation d’un tel centre en orbite était même technologiquement réalisable.

Le projet nécessiterait de développer un lanceur dix fois moins émissif sur son cycle de vie, ce qui est possible selon l’étude. ArianeGroup, l’une des 12 entreprises participant à l’étude, travaille sur cet aspect du projet, le premier lanceur écologique devant être prêt d’ici 2035.

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Des infrastructures spatiales modulaires seraient assemblées en orbite à l’aide de technologies robotiques fournies par le projet EROSS IOD (European Robotic Orbital Support Services in Orbit Demonstrator) de la Commission européenne, piloté par Thales Alenia Space. Ce projet devrait effectuer sa première mission en 2026. Ces installations orbiteraient à une altitude d’environ 1400 km, soit trois fois celle de la Station spatiale internationale.

Dumestier a déclaré qu’ASCEND vise à déployer 13 blocs de construction de centres de données spatiaux d’une capacité totale de 10 mégawatts en 2036. Chaque bloc de construction comprend la capacité de son propre service de centre de données et est lancé à bord d’un seul véhicule spatial. À terme, l’objectif est de déployer 1 300 blocs de construction d’ici 2050 pour atteindre une capacité de 1 gigawatt.

L’étude révèle également que les centres de données spatiaux sont économiquement viables, avec un potentiel de retour sur investissement de plusieurs milliards d’euros d’ici 2050.

Les arguments en faveur des centres de données spatiaux ont également attiré l’attention d’autres acteurs. Microsoft collabore avec Loft Orbital et d’autres sociétés sur un tel projet potentiel visant à « jeter les bases de futures solutions de gestion de données dans l’espace », selon un porte-parole de Redmond.

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