En bref : De plus en plus de forces de police envisagent d’utiliser des drones dans les programmes de premiers intervenants (DFR), dans lesquels les drones sont envoyés aux appels au 911 avant les agents pour évaluer la situation. Le groupe de défense des droits numériques, l’Electronic Frontier Foundation (EFF), prévient que même si cela peut sembler une bonne chose en pratique, les programmes peuvent être utilisés à des fins de surveillance et de surveillance policière portant atteinte à la vie privée.
En mai, plusieurs agences de maintien de l’ordre du Colorado envisageaient d’utiliser des drones comme premiers intervenants pour répondre aux appels au 911, à la place de la police. L’idée est de pouvoir recueillir des informations sur un incident avant l’arrivée des policiers. Ils pourraient également être envoyés sur les lieux d’appels moins urgents et décider si une présence policière est nécessaire.
L’EFF prévient que l’utilisation de drones pour avoir une vue de la scène peut justifier une surveillance excessive des quartiers qui produisent davantage d’appels au 911, ainsi que la collecte d’informations sur toute personne se trouvant sur le chemin du drone. L’organisation a donné un exemple de la manière dont un drone répondant à un cas de vandalisme peut capturer des images vidéo de toutes les personnes qu’il croise en cours de route.
L’EFF prévient également que les drones pourraient être utilisés pour surveiller les sans-abri ou les infractions mineures qui, autrement, ne mériteraient pas de ressources policières.

Même si vous ne pensez pas que les drones de la police constituent un problème parce que vous ne faites rien de mal, le fait qu’ils puissent observer des personnes dans des espaces protégés par la Constitution, comme les cours, les toits et à travers les fenêtres des maisons, devrait être une préoccupation. Ils peuvent également capturer des foules de personnes qui se rassemblent légalement et pacifiquement.
L’EFF souligne comment les drones peuvent être équipés de caméras, d’imagerie thermique, de microphones, de lecteurs de plaques d’immatriculation, de reconnaissance faciale, de technologie de cartographie, de simulateurs de sites mobiles, d’armes et d’autres charges utiles.
« La prolifération de ces dispositifs permet la surveillance de l’État même pour des opérations de routine et en réponse à des appels inoffensifs – des situations sans rapport avec les préoccupations initiales du terrorisme ou des crimes violents utilisées à l’origine pour justifier leur adoption », écrit l’EFF.
Les drones sont également utilisés pour répondre aux alertes de détection de coups de feu ShotSpotter, qui sont connues pour envoyer des faux positifs. Cela pourrait conduire à une surveillance par drone des communautés qui se trouvent avoir une concentration plus élevée de technologies de détection de coups de feu.
L’utilisation de l’IA pour analyser les données collectées, qui est depuis longtemps un sujet controversé dans le domaine de l’application de la loi, fait également partie du plan de la police.
Après avoir été lancés pour la première fois par le service de police de Chula Vista en 2018, quelques dizaines de services de police disposent désormais de programmes DFR. Une enquête de Wired a révélé que chaque vol moyen d’un drone expose près de 5 000 habitants de la ville à une surveillance renforcée.
Les programmes de DFR ne sont pas les seuls à gagner en popularité aux États-Unis. Le Royaume-Uni investit également davantage d’argent dans ces programmes, ce qui suscite des inquiétudes quant à leur utilisation pour cibler les communautés pauvres et marginalisées.
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