Toile d’étoiles : Le télescope spatial James Webb (JWST) a atteint sa destination assignée, le point de Lagrange Soleil-Terre L2, à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, en janvier 2022. Depuis, le nouvel observatoire spatial développé par la NASA, l’ESA et l’organisme canadien L’Agence spatiale a fourni des images et des données scientifiques inestimables sur le cosmos.
Le télescope James Webb vient de réaliser une autre première en astronomie en détectant un groupe de « sorties protostellaires ». Ces éjections sont des jets de gaz à grande vitesse provenant d’étoiles nouveau-nées, que les scientifiques n’ont pas observés jusqu’à présent. Un trait particulier de ces écoulements est qu’ils pointent tous dans la même direction, comme « de la neige fondue tombant pendant une tempête ».
Webb a détecté le phénomène au sein de la nébuleuse du Serpens, un vaste nuage de gaz cosmique abritant un amas « particulièrement dense » de protoétoiles nouvellement en formation. L’ESA note que la découverte a été possible grâce à la résolution spatiale et à la sensibilité du JWST aux longueurs d’onde du proche infrarouge. Les données fourniront aux scientifiques de nouvelles informations sur les lois fondamentales régissant la création et la croissance des étoiles.
Vieille d’environ un à deux millions d’années, la nébuleuse du Serpens est très jeune en termes cosmiques. Ses protoétoiles sont encore plus jeunes, âgées d’environ 100 000 ans, les écoulements récemment découverts ayant entre 200 et 1 400 ans. Les scientifiques ont pu détecter au moins 20 étoiles nouveau-nées émettant des flux protostellaires dans les images JWST. Les jets de gaz alignés provenaient d’un groupe de 12 étoiles, comme le montre le coin supérieur gauche de l’image ci-dessous.

Les sorties protostellaires alignées sont rares et n’ont jamais été observées, on en sait donc peu sur elles. Les scientifiques émettent l’hypothèse que les 12 étoiles se sont formées à peu près au même moment le long du même filament de gaz. Un champ magnétique puissant dirige probablement ce filament et pourrait diriger les flux protostellaires dans la même direction. Les astronomes s’attendent à ce que cette interaction cosmique complexe et majestueuse diminue avec le temps à mesure que les étoiles nouveau-nées commencent à interagir avec d’autres objets qui les entourent. Les jets de gaz disparaîtront probablement ou se réaligneront dans quelques milliers d’années.
Ces flux protostellaires dans la nébuleuse du Serpens sont un événement unique et limité dans le temps, expliquant pourquoi les scientifiques n’ont pas pu détecter le phénomène transitoire avant Webb. La prochaine étape des chercheurs consiste à effectuer de nouvelles observations de la pépinière d’étoiles de la nébuleuse du Serpens avec le spectrographe proche infrarouge de JWST (NIRSpec). Cet instrument leur permet d’analyser la composition chimique de la région.
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