AstroForce est prête à lancer dans l’espace une petite raffinerie pour pulvériser, extraire et ramener sur Terre des métaux tels que le platine et l’iridium, qui sont essentiels pour l’énergie propre. Les difficultés sont nombreuses, tout comme la concurrence.

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Un projet qui promet de rapporter sept fois la somme initialement investie peut sembler intéressant. Si les chiffres en question sont de dix millions de dollars de financement initial et de 70 millions de dollars de bénéfice, son attrait augmente. Et si nous parlions d’une mission spatiale visant à extraire des minéraux précieux d’un astéroïde en vol spatial, alors l’idée semble incroyable.
L’idée vient de Matt Gialich et Jose Acain. Le premier, après avoir été licencié de la société de trottinettes électriques en raison du manque de platine (un composant essentiel dans la production), a compris que certains métaux deviennent de plus en plus importants chaque jour. Le second, après une expérience décennale à la NASA et chez SpaceX, a apporté avec lui des connaissances en matière d’exploration spatiale. Ensemble, ils ont créé AstroForge, une start-up qui cherche dans le ciel les matériaux dont nous avons besoin sur Terre.
Quels sont les matériaux qu’AstroForge veut extraire des astéroïdes et à quoi servent-ils
Le platine et l’iridium, deux métaux définis comme les métaux du groupe du platine (PMG). Leur importance est cruciale pour la production d’énergie propre et, pour cette raison, la demande de ces matériaux a augmenté au fil des ans. Cependant, leur présence sur Terre est limitée, tant en termes de quantité que de répartition géographique. Ainsi, regarder vers l’espace est devenu presque une nécessité.
En particulier, ce sont les astéroïdes qui pourraient se révéler être des alliés essentiels pour l’extraction de ces métaux. C’est là qu’intervient AstroForce, dont l’objectif est d’envoyer une raffinerie miniature sur les petits corps célestes. Se poser à leur surface, collecter les matériaux, sélectionner ceux qui sont utiles et les ramener sur Terre. Dit ainsi, le processus semble simple. Mais l’application est tout autre.
Comment s’est déroulée la première mission Brokkr-1 et quand sera lancée la seconde
La première mission a été un succès, même si elle était de petite envergure. Lancée en avril 2023, elle a mis en orbite un satellite miniature appelé Brokkr-1. Tout en voyageant en orbite, une raffinerie de la taille de deux miches de pain a vaporisé une substance similaire à celle qu’elle aurait trouvée sur un astéroïde et a reconstitué les composants essentiels, les ramenant ensuite sur Terre. Il s’agissait seulement d’une « simulation en orbite », mais qui a démontré que la mission est réalisable malgré les difficultés techniques, comme l’ont écrit les deux fondateurs dans une communication officielle.
On ne sait pas exactement quand débutera Brokkr-2, également appelé Odin (en l’honneur du père des dieux nordiques), mais sa mission est prévue en 2024. Les détails, du moins commerciaux, sont déjà connus. En effet, AstroForge a conclu un accord avec Intuitive Machine, une entreprise américaine qui a pour objectif d’atteindre la Lune. Lors d’un vol vers notre satellite, la raffinerie portable d’AstroForge fera « une petite halte » à bord d’un des véhicules utilisés pour la mission lunaire.
Elle se détachera ensuite pour voler vers un astéroïde (dont l’identité n’a pas encore été révélée) et y commencera ses activités, qui pour l’instant sont prévues uniquement pour analyser la composition de la surface de l’astéroïde et prendre quelques photos. Ce n’est pas une mince affaire : il s’agirait de la « première entreprise privée à opérer dans l’espace lointain ». Sans parler des implications pour l’avenir.
Combien AstroForge pourrait-elle gagner avec la première véritable mission d’extraction de minéraux
Il n’est pas encore question d’extraire des matériaux lors de la deuxième mission, mais la troisième (sur laquelle ils travaillent déjà) pourrait être décisive. Et si elle aboutissait, les bénéfices pour la start-up seraient astronomiques. Compte tenu du prix que pourraient atteindre les deux métaux une fois arrivés sur Terre et de la quantité qui peut être rapportée (qui devrait avoisiner une tonne), AstroForge pourrait gagner jusqu’à 70 millions de dollars (soit plus de 65 millions d’euros) lors d’un seul retour.
Pour AstroForge, même simplement relever le défi de la deuxième mission est une tâche qui pourrait faire vaciller la start-up, qui a réussi à lever 13 millions de dollars en financement initial, mais devra en utiliser presque autant pour faire voler Brokkr-2. La nécessité de tenter de voler vers un astéroïde devient toutefois de plus en plus pressante. D’autres entreprises sont déjà à leurs trousses, comme l’américaine TransAstra et la chinoise Origin Space, qui se préparent également à des exploits similaires. Une nouvelle ruée vers l’or, ou plutôt, vers des métaux précieux qui ne conduit pas à l’exploration de l’Ouest sauvage, mais à un espace encore plus lointain.
