Dans le but des missions Artemis prévues pour 2026, l’Agence spatiale devra établir le Temps Lunaire Coordonné pour permettre le transfert de données entre les véhicules spatiaux et les communications entre la Terre et les satellites lunaires.
La même horloge sur Terre se déplacerait à une vitesse différente sur la Lune. La raison en est simple : la gravité. En vue de la conquête spatiale, il est nécessaire d’établir le Temps Lunaire Coordonné (LTC). Dans une note, le chef du Bureau américain de la politique scientifique et technologique (OSTP) a demandé à la NASA de collaborer avec d’autres agences américaines et internationales pour établir un système de référence temporelle basé sur la Lune. D’ici 2026, la NASA devra établir le Temps Lunaire Coordonné. Il ne s’agit pas d’un fuseau horaire, mais d’un cadre temporel complet. « Une horloge atomique sur la Lune tic-taque à une vitesse différente par communiqué à une horloge sur Terre », a expliqué Kevin Coggins, chef des communications et de la navigation de la NASA.
« Il est logique que tout autre corps, que ce soit la Lune ou Mars, ait son propre rythme cardiaque. » Sur la Lune, le temps avance plus rapidement d’environ 58,7 microsecondes chaque jour. Selon la théorie de la relativité générale, en effet, la gravité influence la perception du temps. En présence d’un champ gravitationnel plus intense, le temps s’écoule plus lentement par communiqué à un champ gravitationnel plus faible. Sur Terre, où la gravité est plus intense, 9,807 m/s², le temps s’écoule légèrement plus lentement que dans des endroits où la gravité est moins intense, comme sur la Lune, 1,62 m/s².
LTC sera essentiel pour le chronométrage des véhicules spatiaux et des satellites lunaires. En effet, la NASA a programmé de nombreuses missions dans le cadre du programme Artemis à partir de septembre 2026. L’objectif est de construire une base lunaire pour se préparer aux futures missions sur Mars, et pour réussir cet exploit, elle a également fait appel à de nombreuses entreprises privées.
Comme l’a expliqué Coggins à Reuters, le Temps Lunaire Coordonné est le seul moyen de permettre le transfert de données entre les véhicules spatiaux et les communications entre la Terre, les bases, les astronautes et les satellites lunaires. « La définition d’une norme appropriée – une norme qui atteint la précision et la résilience nécessaires pour fonctionner dans l’environnement lunaire difficile – profitera à toutes les nations voyageant dans l’espace », indique la note de l’OSTP.
Sur Terre, le Temps Coordonné Universel (UTC) est basé sur un réseau d’horloges atomiques situées dans différentes régions du monde. L’UTC est le fuseau horaire choisi comme référence mondiale, à partir duquel tous les fuseaux horaires du monde sont calculés. Le développement du LTC pourrait également nécessiter la mise en place d’horloges atomiques sur la Lune. Des accords internationaux entre les 36 nations ayant signé les accords Artemis seront nécessaires, la Chine et la Russie, les principaux concurrents des États-Unis dans la course spatiale, n’étant pas présentes. Contrairement à la Terre, la Lune n’aura pas l’heure légale.
